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Tome deuxieme et dernier.
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488 TABLEAUX DE LA SUISSE.

Soglio {66') , en allemand Soi ou AufSull , & en latinSoiium , est un village de paroisse, sur une montagne escar-pée , & qui, avec Cajla Segnia , forme deux terzieri outiers de la Junfdittion de Pregell, au - dessous de Po^ta.On y trouve trois maisons splendidement bâties , avecdes jardins élégans , qui appartiennent à la Maison deSalis. On y voir dans l’Eglise les tombeaux de quelquesSeigneurs de ce nom. Cette Maison (67) est incontestable-ment une des plus anciennes & des plus illustres du paysdes Grisons. Elie a été exposée, comme toutes les autres,aux fables ôc aux chimères des Généalogistes. Rodolphe& André font les premiers dont on ait connoissance. Ilspossédoient, dans le commencement du dixieme siécle,les terres Sali gués, dans la vallée de Prégell : ils habitoientau château de Cafiellaqo , dont on volt encore quelquesrestes fur un rocher voisin de Soglio. Une charte (68),datée de Soiium , ( aujourd’hui Soglio , )J le 10 Août p 13 ,nous apprend ces particularités. Ce titre précieux, con-servé dans la branche des Salis à Soglio , a été gravé dansles Mémoires (6p) de VAcadémie Royale des Inscriptions SCBelles - Lettres à Paris. On y lit en même - temps l’expîi-cation qu’en a donnée M. le Baron de Zur-Lauben. Aprèsy avoir discuté l’origine ôc les droits des Terres S cliques ,M. de Ziir-Lauben dit : «Les Nobles de Salis , en latin» Salici , doivent peut-être leur nom primitif à la pof-» session des Terres Saliques , qu’ils avoient dans le» val de Prégell à Castellazo & à Soglio. Ils prirent dans» la fuite des armes analogues au mot latin Salix , qui» signifie un saule ; & c est l’opinion la plus vaisemblable» ôc la plus sensée fur l’origine du nom ôc des armes de» cette famille ». On observe par un titre de 1060, qu’unautre André vivoit à Castella-qp avec quelques-uns de fesparens. Un troisième André acheta, en 1092, les Alpes Ju-liennes , qui depuis cette époque ne font plus sorties de fapostérité. Aujourd’hui cette Maison est subdivisée en plu-sieurs branches , qui prennent toutes leur nom des terresou des villes ou districts où elles résident. Mais toutesdérivent de la branche primitive, établie à Soglio.

VIII. La Haute - Engadine ( 70 ) , Jurisdictionsupérieure , Engadina ou Enjatina , ôc en allemandd’aujourdhui Inn - Thaï , vallée de YInn , est une con-trée qui s’étend du sud au nord , depuis les sources dela riviere de 1 Tnn , le long de cette riviere, l’espace deseize lieues , ôc qui touche au levant le Comté du Tirol ;au couchant les deux Jurisdictions de Prégell ôc de Stalla ;au midi celles de Pujchiavo ôc du val de Munster , & leComté de Bortnio , & su nord le pays de Davos , & laJurisdiction de Remus. La riviere de YInn , en latin Oe-nus , paroît lui avoir donné son nom. Au moins en co

d'O en veut dire , dans le langage du pays , le chef oU /<*tête de T Inn. Cette vallée est assez généralement fertile estpâturages , en bled, ôte. fur-tout la partie inférieure, st ulest moins exposée aux vents froids êt aux glaces. On y trouvebeaucoup de chamois. Les maisons ( 71 ), les chemins*les ponts , les villages, font très-beaux; ôc on ne s at-tend pas d’en trouver de pareils dans une contrée si isolée.Les habitans font de la Religion Réformée. Ils patl enCtous le Romanfche. Mais le dialecte de cette langue dis -fere beaucoup dans la partie supérieure ôc dans l’inférieure.Les bas - Engadins nomment la leur le Landin j effec-tivement elle tient beaucoup du latin, ôc donne une grandefacilité aux habitans à apprendre le latin , l’italien & I efrançois. Us font généralement bien instruits, ôc grandscalculateurs. Leur nourriture est très-simple, de la farine?de l’orge , de la viande, des pains extrêmement durs &desséchés au soleil , après avoir été cuits pendant quel-ques minutes. Us font fort industrieux. Ceux de la hauteEngadine se répandent beaucoup dans les pays étrangers?fur-tout en Italie, dans l’Etat de Venise. Ceux de la baffeEngadine, gagnent beaucoup par le charroi d u sel du J iro .

II y a apparence que ce pays a été très - anciennementpeuplé. La quantité des noms de leurs villages reffemMans à ceux du Latium , le fait soupçonner. En p3° ^ eítauld étoit Comte de l’Engadine. Un Diplomé (7 2 ) f

daté de Fancfort le p AvriS indes, aujour-d’hui Sins ou Sent , situé in valle Eniadna , i /l C° inltatu Berchtoldi Comitis. Un autre Diplomé de l’EmpereurÒthon I, en p6y , nomme ce pays Jgnadina. En 1Dedalric , Comte de Cammartingen , ôc son frere A abert, avec leur mere, ôc le consentement de leurs enrans?autorisés par leur Avoué Eberhard de Sax , { de òacci -?vendirent (73) à Conrad, Evêque de Coire , leurs dï° ítsdans f Engadine supérieure. Cette vente fut confirmes p ad’autres actes ô: donations. Les habitans fe racheter^de l’Evêque de Coire en iq.94. Ceux de la basse - Eng adine en firent autant en 1632 , ôc acheterent les droique la Maison d’Autriche avoir sur eux.

Tout ce pays est partagé en deux parties, la hautela basse - Engadine. Chacune d’elles forme une des ha^tes Jurisdictions, ôc envoye deux Députés aux assemgénérales de la république des Grisons. Le pont j u sentre Cinufcal ôc Brain , sert de borne à chaque P art ^La premiere designe les Engadines d’en - haut,dénomination suivante, ils fur pont auta , c est-aceux qui font au- dejjìis du haut-pont les autres s° nC stlisiés, ils font pont auta , ce qui veut dire les habita 11

dessous du grand pont. -crMonSt

La haute Engadine est partagée en deux Juril ^

etoit

Henri I, Roi de Germanien cette année, fait mention du village.

( 66 ) Leu , ïbii. tom. XVII, p, 25s.

(67) Bucelinì, Rhœtia, p. 420-427. Rt Germania Stemmatographica.Leu, ibiL tom. XVI, p. 3 ' - 55-

Girard , Histoire abrégée des Officiers Suisses, qui fe font diflingue's auxServices étrangers dans des grades supérieurs, tom. III, p. 27-53 -, & p a g,284 - 531, 8cc.

(68) Ce titre éclaircit en même-temps une circonstance importante durégne de Conrad I, Roi de Germanie > 8c la mííîìon du fameux Hatton, Ar-chevêque de Mayence, au nom de ce Prince, pour répéter fes droits réga-

liens fur ritalie. Ce Prélat séjourna au Château de Cafte^Zg o

(69) Hisioire , tom. XXXVI,, p. 166-175. Paris, 1774 ? 1,1 4

(70) Leu, ibid. tom. VI, p. 318 - 334, &c- a rt oslt tr ° lS

(71} Les maisons font généralement de pierres , & la p 3 r

étages, quelques-unes même quatre. Les villages ont lairétendue.

(ji)Tschudii Gallia Comata, p. 336.

(73) Sprecheri , Palladis Rhœtic*> lib. VIII , P= 31 f*

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