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Tome deuxieme et dernier.
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TOPO GRAPHIE .

maux } a cette montagne; mais 1 ingénieux Bochat (121)prétend que Cam & Gam dont le dialecte allemand a faitGemmi , désignoit en celtique toute chose courbe. Lechemin, qui! a fallu faire extrêmement tortueux, pourpouvoir grimper au haut de cette montagne, par laquelleon est obligé de passer quand on veut aller des bains de Leuckdu côté de Berne , semble être bien indiqué par cette dé-nomination. Bochat trouve également celtique le nomôu lac qui est presqu’au-dessus de la Gemini , ôc qu’on appelleI>aube ( 122 ) ; ce mot qui vouloitdire eau haute & pro-fonde , ne peut lui avoir été donné, que par des Gauloisstui avoient vu le lac ( 123 ) ; ils étoient donc parvenusjufqu'au sommet de la montagne, où l’on ne sauroit arri-ver de ce côté-là que par lç chemin pratiqué : ainsi il l’é-toit par les premiers habkans du Vallais ; par conséquentle nom qu’ils donnerent à la montagne ne doit pas êtremoins ancien. Telle est Tobfervation du Savant que j'aicité. On peut voir la description de cette montagne dansles divers Auteurs qui ont écrit furl’Histoire Naturelle de laSuisse, & dont j’ai indiqué les Ouvrages dans une note ( 124).

A environ trois quarts de lieue des bains de Leuck ,Un sentier fort difficile, qui passe sur les décombres dela montagne d ’Albinen, ( 12$ ) ôc dans des bois de sa-pins fort obscurs, conduit par urte pente fort rapide àUn rocher perpendiculaire ; on y trouve des échelles ap-puyées contre ce rocher : on parvient àla premiere, engrimpant par les avances & les saillies du rocher : d’autresroches facilitent le moyen d’arriver à la seconde , ontrouve ensuite sept échelles, dont quelques-unes fontfort hautes , & par lesquelles on se guinde à son sommet.On est bien surpris d’y trouver un terrein en pente , oùil y a des champs labourés, ôc des vignes qui entourentla paroisse ôt le village SAlbinen, dont les habitans ontplacé ( * ) ces échelles pour raccourcir le chemin qui con-duit à Leuck , où ils vont vendre leurs denrées. M. Bejso/idont je copie ici le texte , acheve le tableau de ce locald’une maniéré très-intéressante. Le Lecteur voudra bienY avoir recours.

Le Dizain ( 126) de Sierre , en allemand Syders, & enlatin Siderianus Conventus , le deuxieme des Dizains du^allais en rang, est situé des deux côtés du Rhône j’cestun

pays fertile en pâturages & en bon vin» II y a suffi de lahouille, des mines de cuivre ôc d’argent» Ce Dizain est bornéau levant par les Départemens (127) de Leuck ôc de Fifp ;au couchant par celui de Sion , près de la petite rivierede Liena ; au midi, par le val d y Aoujle , qui appartientau Roi de Sardaigne, ôc au nord par le Bailliage Bernoisdu haut- Sibenthal. Sur la gauche du Rhône, vis -à - visdu Bourg de Sierre, eû la vallée fertile d ’Einfisch (128),longue de sept lieues depuis Chipis (i2p), ôc qui est arro-sée par la riviere de Navifetice (130), ou Navigence. LeDizain de Sierre comprend dix paroisses, le Bourg de cenom , Einfisch , 'Fanse n ou F°.nton (131), Gradetjch ,Gruon (132), Lens (133) , Sant- Leonhard ou Saint -Léonard, ou Liénard, Saint- Maurice de Laque (134),Chaley ôc Fercoren ( 13 j ). En général ce pays est très-peupLé. Le Chef du Dizain se nomme le grand-Châtelain*II est changé tous les deux ans. Les bornes de cet Ou-vrage ne me permettent pas de détailler ici la forme dugouvernement démocratique de ce Dizain, ni celle desautres Départemens du Vallais. Mais je dois observer quele Dizain de Sierre, avec celui de 'Sion , contractèrent en1417 une Combourgeoisie (136) perpétuelle avec les Can-tons de Lucerne, d’Uri ôt d’Underwalden.

Au - dessous de Leuck les montagnes fe retirent, desdeux côtés du Rhône, ôt offrent, dans leur intervalle,une belle ôt large vallée, qui étant échauffée parles rayonsdu Soleil, concentrés en ces lieux entre de hautes monta-gnes , porte de meilleurs fruits que ceux que l'on trouvedans la partie la plus élevée du pays, ôt abonde en vignesd’une excellente qualité. Ce st là qu’est le bourg de Sierre,fur la rive droite du Rhône, ôc un peu éloigné de ce fleuve.Ce bourg est bien bâti; on y voit plusieurs hôtels de dis-tinction , entr’autres celui de M. le Comte de (137) Cour-ten, Commandeur de l’Ordre de Saint-Louis, Lieutenant-Genéral des Armées du Roi, & Colonel du RégimentVallaisan de son nom, au service de Sa Majesté Très-Chrétienne. La Maison de Courtpn rapporte son origine àcelle de Curiis , autrement Courto , qui étoit une branchedes Vicomtes de Tarantaife , issus des Comtes de Brian-çon. M. de Riva£, ce savant si profond dans i’Histoire duVallais Ôc des pays limitrophes, dont nous avons fait

U xi) Mém. fur l’Hist. anc.de la Suisse, t. I,p. m, ni;8ct. III, pag.3 1o j 32.1.

(iii) On a traduit ce nom en françois par Pigeon, parce que Taule , ena Hemand, & Toube, dans le dialecte du pays, est un pigeon. Ainsi l’on nom-aujourd’hui en françois Lac du Pigeon , ce lac, qui ne devroit être nom-que Lac kaut. II n’y a probablement jamais eu de pigeon à i’endroit deCe lac, où nul ramier même ne s’arrête, supposé qu’il y en passât. On n’yv °h jamais d’oiseau.

(ta;) En latin Lacus Dubensis , 8t en allemand Dulen- Sée. Voyez Leu,

‘bid.t. Vl, p. 16.

la Note ci-dessus, 118.

Leu, iiid. 1.1, p. m»

( * ) Planche , n°. 141.

OiS) Simìeti Vallesia, lib. I, p> 67 -6 g. Leu, ibid. t. XVlí» p. 788-793»tybaTner , Dict. Geog. de la Suisse, t. II, p. 119, 8cc.

0 * 7 ) Le dizain de Sierre est séparé de celui de Leuck par la petite riviereRappìUi.

0 z 8 ) Ou Enjifck , en latin Annevìfium ou Annìvifium , ou Vallis Enfifihia.^ e, te vallée comprend divers villages, Visoye , où est l’Eglise paroifíìale,tin-Jean, Crimen\i, Luc, Ayer , MiJJion, Echaniolin, Pensey. Voyez Leu,

ibid. to. VI,p. rys.

(tip) Hameau dans la paroiílè de Chaley , fur la riviere de Navìsènça.

(130) En latin VJfentia ; cette riviere fe jette dans le Rhône près deChipis.

(131) Ou Ventena ; c’est dans ce village que font déposées les archives dudizain.

(132) En latin Gruna.

(133) En latin Lern^i.

(iJ 4 ) Ou de Lac, 8c en latin Lagèxxim.

(135) En latin Fertorinum , ou Fercóreium.

(136) Tschoudi a rapporté ce Traité dans fa Chronique, t. II, p. 66 - 68.L’acte est daté de Sion le 12 Octobre 1417.

(137) Elevé à la dignité de Comte par un Diplomé du mois de Juillet17 6$. Ses cousins, Pierre 8c Maurice de Courren, avoient été créés, en1742, Comtes du Saint - Empire Romain avec leur postérité, par l’Empe-reur Charles VII. Voye^ I’extrait généalogique de cette Maison, 8c les ser-vices importans qu’elle a rendus à la Patrie 8c à la France, dans Leu, ibid.t. V, p. 454 - 49L, & dans PHistoire Militaire de Zur - Lauben, Pinard 8cGirard.