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Tome deuxieme et dernier.
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ARTICLE SIXIEME.

Bienne * Réformée êC Arts o - Démocratique.

^ette petite République (i) a une Régence mixte :Elle est absolument indépendante pour le Spirituel ; maisquoique libre, & qu’en vertu de sa constitution & de sesalliances avec les Suisses, elle ait l’honsteur d’être ag-grégée à la Confédération Helvétique, elle reconnoît1 Evêque de Baie pour maître. Les ( 2 ) fréquentes que-relies des Evêques avec Bienne ont donné lieu de tempsEn temps à des négociations, dont la plus remarquablecommença vers la fin du seizième Siécle, & dura quinzea ns. t/Evêque offrit à la République de Berne de lui cé-àr ses droits fur Bienne, à condition qu’elle renonceroitau x traités qu’elle avoit contractés avec ses sujets dans leéfáunfìerthal ou val-Moutier ; cette négociation se rom-P lc , au grand regret des Biennois, à qui Berne promet-îvrt, si elle avoit eu lieu, de les rendre indépendans. Letri but ie plus considérable., ou plutôt le seul que BiennePaie à son Prince, consiste dans le voyage que chaque■Evêque y fait ordinairement la premiere année de sonrégné avec fa maison, pour recevoir l’hommage desbourgeois & de toutes les milices qui font fous fa ban-^ere. Les fêtes données en 1775 à cette occasion ont étértes-brillantes. L’Evêque fit son entrée à cheval en habit^culier , tenant dans fa main un fouet doré ; il étoit pré-cédé & suivi d’un nombreux cortege de carosses & dechevaux. Le lendemain de son arrivée, il se rendit avecîoute fa fuite à l’Eglise, où le Magistrat & toute la Bour-geoisie lui prêterent le ferment de fidélité. Le Chancelierl’Evêquelui présenta les lettres de franchises de la ville,q u il rendit au Bourguemestre , en signe de confirmation.^Près cet acte on fit entrer les milices, qui prêterent^rrhent à leur tour. On avoit rassemblé environ deux■^dle hommes armés pour cette cérémonie, qui n’a rien^oins que l’air ecclésiastique. Nous avons tracé ailleursha constitution de Bienne, le précis de ses révolutions, &k nature de ses alliances avec les Cantons. Sans les bor-dans lesquelles nous sommes obligés de resserrer cesa °leanx Topo graphiques , nous eussions donné ici un^Pplément qui eût jetté un plus grand jour fur les évé-hetnens principaux arrivés à Bienne. Cette ville se vante* l^ste titre d’avoir eu part depuis quatre siécles aux vic-

toires des Suisses. On ignore (5) Porigine du nom & desarmes de Bienne, qui sent d t gueules à deux haches adosfées , posées en sautoir dé argent. Le nom Allemand deBienne , est Biel, qui signifie une hache; on l'a nomméeen latin, depuis le commencement du seizième siecie ,Bipennis , c’est-à-dire , hâche à deux tranchans. Lesactes du moyen âge la nomment Biela , Bielum , Bienna .Mais le savant (4) Auteur des Mémoires (5) fur la Suijjeancienne , qui a tout prétendu dériver de la langue Celti-que , dit que le nom de Bienne vient de Bian-Iii , habi-tation près de l’eau. Plusieurs modernes croient queBienne est le Petinejca ou Petenisca , marqué dans l’Iti-néraire ( 6 ) Antonin & dans la Table ThéodosenneiQuoiqu’il en soit, Bienne est très-ancienne ; & il est assezvraisemblable , qu’un des chemins militaires des Ro-mains, qui alloit d’Avenche à Soleure, y passoit.

Bienne {s) est située à l’extrémité orientale d’un (7)lac, qui peut avoir trois lieues en longueur , & une pe-tite lieue dans fa plus grande largeur. Cette ville a étéfavorablement traitée par la nature ; elle ïéunit les agré-mens d’un site charmant à la salubrité de Pair. Adosséeau mont Jura, & placée fur le penchant d’un coteau, elleest à couvert des vents froids du nord. Une source très-abondante, qui fournit des eaux à toute la ville, sortd’un rocher à fa porte septentrionale. La (8) Su\e qu’onappelle en Allemand Schujs, dont un bras traverse lefauxbourg, fait tourner plusieurs roues de moulins & defabriques. Cette petite riviere arrose une beLe plaine, &va se jetter dans le lac à mille pas ue la ville; elle couledu levant au couchant, tandis que la Thiele sort du mêmelac, en prenant fa direction en sens contraire. Les habitansde Bienne ont établi, il y a quelques années, une allée demille pas de longueur, qui s’étend en droite ligne desportes de la ville jufqu’au bord du lac; ce fera quelquejour, quand les arbres seront grands, la plus riante pro-menade de l’Europe. La cherté des grains en 1770 les aengagés à mettre erî potagers une partie de cette belleplaine, qui ne servoit que de pâturage commun. On re-connoît généralement en Suisse, que cette époque a ré-veillé l’industrie des cultivateurs ; les pommes de terre

^0 Leu, Dict. hist. de la Suisse, tom. IV, pages 19-65.

ftat &• les Délices de h Suisse, tom. III, pag. 139-145 ; derniere édition.

féì, Topog. de la Suisse, tom. IV, pages 1-44.

JcW/jer , Dict. geog. de la Suisse, tom. I, pag. 138-142.

Topog de la Suisse, tom. III, pag. 112-131.sf er S sr ' Topog. de la Suisse, tom. II, sect XV, pag. -47-163, &c.1 Sinner, Voyage dans la Suisse occidentale, tom. I, pag. 114-riS.

b) L e

meme, ibidem , pag. n 3.

^4) M. de Bochat.

<«) L’ 0 ”''- 111 ’ Pag6S * ìS ~ Iì6m

Peut ?â"ion de l’Itine'raire d’Antonia , par Surita, porte Penejliea. Ost

Ville V ° lr I articIe de Petinefca dans la Notice de la Gaule, par M. d’An-> Pages 515-516.

Borne II SC dernier ,

(*) Planches, numéros 35 , 55.

(7) Voye\ la Description du lac de Bienne, torti. I, titre IX.

Jean-Jacques Rousseau, chassé de fa retraite du val de Travers, moins par

les persécutions de ses adversaires que par fa propre inquiétude , avoircherché en 1765 un asyle dans 1 ’ijle de Saint-Pierre, qui est aux deux tiersde la longueur du lac de Bienne, à une lieue de Cerlìer. L'ancien Citoyende Genève a décrit cette isle charmante, oìt il menoit une vie aussi inno-cente que Robinjòn Crusoé : cette Description se trouve dans le second tomedes Confisions de ce Philosophe, pages izi Lc soiv. Genève, 1782, i/i-8°.parmi les rêveries du Promeneur solitaire.

(8) Cette petite riviere a fa source dans la Mairie de Chaux-de' fond, enla Principauté de Vallangin. Voyez Leu , ibidem, tom. XVI7 pag. 48L.

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