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T O P O G
Parlement áe Dijon; áans-le nobiliaire de France, par leJuge d’armes, & dans le Cabinet du Roi, par le Généa-logiste des Ordres; & plusieurs Auteurs (19) parlent aveceloge de ses services (20) militaires. Un acte (21) du 8Juillet 1258, porte qu’ Hala/la , Abbesse de Belle-Combe ,avoit reçu de noble Seigneur Jean de Marcillac , Che-valier , les quinze livres viennoises que le défunt SeigneurFoulques ( Fulcherius ) Gallatini , Chevalier, avoit lé-guées pour son anniversaire. Un détail plus long des titresde cette maison n’est pas compatible avec les bornes pres-crites à notre Ouvrage. Ses armes font à'a^ur, à la faced argent , accompagnée de trois globes d 'or , 2 en chefà l en pointe , lambrequins de fable SC de gueules ,cimier de tournoi, & couronné d'or.
U est encore d’autres maisons à Genève, nobles de*ace ou illustrées par les services de leurs ancêtres, maispresque toutes étrangères à la République dans leur ori-gine, entr’autres îes Micheli , Diodati , Turrettini , quifont issues de la plus ancienne noblesse de Lucque enItalie; les Piolet , Seigneurs de Sergy, qui font du paysde Vaud; les Jojfaud , qui font sortis de la France; lesPelijfary (22); les Grenut (23); les Lullin (24); lesdu Buisson (2s; les Budé (26) 3 les Lefort (27), &c.Nous en donnerions volontiers le précis généalogique,si nous n’étions obligés de nous resserrer dans des limitesétroites ; mais nous ne pouvons nous dispenser de faire icicette observation, que malgré les désavantages du localLc le peu de ressources que les familles nobles de Ge-nève , & en général de la Suisse, tirent de leur pays
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pour s’élever & fe soutenir, elles trouvent dans leur éco-nomie , leur patriotisme & leur gòût pour les servicesmilitaires, des ressources & des décorations. On pourroitmême observer, à l’égard des familles nobles de la Suijferéformée , qu’elles ont plus de désavantage que les fa-milles catholiques pour fe soutenir- & s’élever; i°. parcsque les familles réformées font plus nombreuses que lescatholiques , à cause des individus des premieres, quipeuvent tous se marier, tandis que ceux des Catholiquesqui font partie du Clergé, ne le peuvent point. Les Ré-formés ne peuvent pas entrer dans les Chapitres ni dansles Ordres de Malte, &c.
Passons à la description du territoire de Genève. Cetteville a eu la satisfaction de voir terminer toutes les an-ciennes contestations avec la Savoye, par un règlementde limites êt un traité avec la Cour de Turin, qui re-connoissoit Genève pour une République libre & souve-raine : ce traité (28) est daté de Turin le 3 Juin 1754.Divers territoires ont été échangés en vertu de ce Règle-ment. Feu d’années auparavant, Genève avoit eu unelimitation (29) de territoire avec la France , en Septembre1749 : aujourd’hui le domaine de la République n’a quesix lieues environ de surface, en plusieurs portions. L’ 03 -fervateur français , qui a publié en 1783 ses Lettres furla S'uijfe , apprécie (30) de la maniéré suivante les envi-rons de,Genève. « S’ils étoient, dit-il , habités par des» François, ces situations délicieuses seroient ornées pas» Fart & par le goût; mais au contraire, s’il étoit possible» de les gâter, les Genevois y réuílìroient fans peine,
(19) Guichenon , Histoire de Bresse & du Bugey.
Spon, Histoire de Genève; M. le Baron de Zur-Lauben , Histoire & Codemilitaire des Suisses au Service de la France; Leu, Diction, hislor. de laSuisse , tom. VIII, pages 19-20, 8cc.
(20) Entre autres traits , on citera les deux íuivans :
Nicolas de Gallatin le distingua dans les guerres contre la Savoye, fur-tout à la retraite de Bernay en 1590, où, conjointement avec le Capi-taine de la Maison - Neuve 8c le Capitaine Lullin , il tint tête aux enne-mis , 8c sauva les débris de Tannée Genevoise. Spon , dans son Histoirede Genève , pag. 375 , nomme ces trois Officiers, 8c fait un éloge distinguéde leur conduite dans cette affaire. Louis de Gallatin fut tué à l’escaladede Genève en 1602, où il s’étoit très-distingué avec son frété Jean, ayantre Pvis la porte dont les Savoyards s’étoient emparés pour y faire entrerun corps de troupes; ce qui sauva la République. Voyez Spon Hist. deGenève, 8c l’épitaphe gravée sur pierre au Temple de Saint Gervais. Cesdeux Officiers s’étoient signalés dans plusieurs combats antérieurs contreles mêmes ennemis.
(11) Original en parchemin conservé à Genève, parmi les titres de lasaison de Gallatin,
(2r) Cette maison est originaire de la Lombardie. L’un de ce nom,Reltrando Pdiçiaro ou Bertrand P dinar e , est célébré dans les fastes de laRépublique de Venise. II avoit découvert en 1353 la conjuration du DogeMarin Falìer : la République le fit noble Vénitien ; mais elle le fit mourir enPrison, accordant ainsi deux choses fi incompatibles, la reconnoissanceêc l’ingratitude. Telle est la réflexion d'Amelot de la Houjsaie , dans sonhistoire du Gouvernement de Venise, tom. II , [pages 468 8c ?io. Amster-dam , 16yy, in -1 z, avec jìg.
(2;) Grenut, 8c par corruption Grenu ; cette famille, est connue dès leQuatorzième siécle, elle est originaire des Pays-Bas, 8c a subsisté avecdistinction dans les villes de Tournay, Gand, Lille, 8cc. Elle a contractédes alliances illustres, 8c a été honorée de plusieurs dignités militaires 8ceiviles. Une branche fe retira en Hollande en xy68 , pendant lès troublesdes Pays-Bas , 8c l’autre en Suisse, vers 1590 ; d’abord à Morge, dans lePays de Vaud, puis à Genève : cette derniere branche est la feule quie *iste actuellement.
(*4) Jacques-André Lullin de Cháteau-Vieux , Maréchal de Camp èsArmées du Roi, Colonel du Régiment Suisse de son nom, ci-devant
d’Aulbonne, 8c Commandeur de l’Ordre du Mérite miî'.raire en 178s.’Voye% fur ses services 8c le nom de Lullin , le Dictionnaire historique dela Suisse par leu, tom. XII, pages 371-373 , 8 e l'Histoire abrégée desOfficiers Suisses qui fe sont distingués aux services étrangers dans desgrades supérieurs; par s Abbé François Girard, tom. II, pag. 124.
(2?) Cette maison est originaire de Rouergue, où elle tient encore ustrang ttès-considérable par son ancienneté, ses domaines, ses alliances ,ses charges 8c ses services. Voyez Leu , ibid. tom. IV, p. 468 ; Girard ,ibid. tom. I, pages 94-95, 8cc.
(26) La famille de Budé,. originaire de Paris, est très-ancienne & nobled’extraction. Elle remonte à -r-née 13.50; elle a produit des Générauxd’une grande distinction au service du Roi de -Sardaigne 8c à celui deHollande. Elle descend de Guillaume-François Budé , si connu dans larépublique des Lettres, Ambassadeur de France à Rome, 8c Prévôt desMarchands à Pans, qui mourut en 1540. Voyez Leu, ibidem, tom IV,pages 414-415; Girard, ibidem, tom. I, pag. 90-94, 8cc.
(27) François le Fort, Chevalier, Général-Maréchal, grand Amiral,premier Ministre de Pierre le Grand , Czar de toutes les Ruffies, naquiten 1653 à Genève, de Jacques le Fort, Magistrat très-distingué, illustrepar fa noblesse (confirmée, en 1698 par l’Empereur Léopold), par sesdignités, par fa valeur, 8c encore plus par son savoir 8c sa prudenceconsommée, qui le rendit cher au Monarque le plus difficile à captiverqui fut jamais. II mourut s Moscou le 12 Mars r699. Le Czar apprendcet accident par un Courier dépêché à Voronitze, où il fe trouveit; iípleure, il gémit 8c s’écrie ; Ah ! je perds le meilleur de mes amis , &- celadans un temps où j'avois le plus besoin de lui ! II est mort, ce serviteur sidele ,à gui me confierai-je présentement ì 11 vient à Moscou, ordonne une pompefunèbre des plus magnifiques; y paroît lui même en deuil, 8c la piqueà la main; on porte le cadavre à l'Eglise réformée, où M. Stumph pro-nonça une oraison funebre ; 8c le Czar , fondant en larmes, ordonnequ’on découvre le cercueil, pour donner le dernier baiser à son favori.Voyez la planche zi 6 ; Leu, ibid. tom. XII, s« 10-16; Voltaire, Histoiredu Czar Pierre le Grand; Girard, ibidem, t. I, p- r.y;«z64, Lee.
(2.8) 8c (29) On tteuve la substance de ces deux traités dans la Topo-graphie de la Suisse, par M. Faesi , tom. IV, pag. 427-437.
(zo) Tom. I, pages 229-230.