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Tome deuxieme et dernier.
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TOPOGRAPHIE . Stí

ÍÀbbàye sécularise ; de l’Ordre des Prémontrés , &dont on voit encore l’Eglife ôc quelques débris furune hauteur, au milieu d’une plaine fertile, à une demi-lieue de Neuchâtel. Le Prince en tire les revenus de-puis la Réformation , excepté ce qui en a été cédé àl’Hôpital de la ville. Cette Abbaye étoit’ primitivementfondée dans le val de Ruz; ayant été brûlée en 1375 parles Bandes (z 6) d’Enguerrand, Sire de Couci, les Reli-gieux íè transportèrent fur la côte du Chaumont ou Ju~mont , limitrophe du val de Ru%_; on apperçoit fur lessommets du Chaumont quelques habitations qu’on pren-droit de loin pour des châtelets ; ce font de jolies maisonsou des particuliers de Neuchâtel vont passer l’Eté, pourjouir de la fraîcheur de l’air & du spectacle d’un horifonimmense, préférant ces demeures aériennes à leurs bellesmaisons, où l’on souffre trop de la chaleur.

On compte dans le Comté de Neuchâtel quatre fiefsnobles; savoir, ÁtwxBaronnies , Gorgier &Vaumarens,& deux Terres seigneuriales , Travere ôc Roíìere. Le restedu pays est divisé en quatre Châtellenies , le Landeron,Boudry, val-Travers ôc Thiele; & en plusieurs Mairiesqui forment autant de ressorts particuliers de Jurifdictions.Ces Mairies font Neuchâtel , que je viens de décrire,Lignieres , Boudevilliers , ou Boudevillers , la Côte , Co-lombier , Cortaillod , Bevaix , Rochefort , les Narriérés ,la Chaux d'Etalieres ou la Brevine. Je vais achever letableau des Mairies , avant que de commencer celui desChâtellenies , des deux Baronnies & des deux Terres Jei -gtieuriales.

La Mairie de Lignieres , fur le mont Jura, est encla-vée entre la Mairie de Vallangin, la Châtellenie de Lan-deron , l’Evêché de Bâle & le district de la Bonne-Ville ,autrement Neujlat. Les droits que l’Evêque de Bâle avoítfur ce territoire, ont été cédés en 131d à Rodolphe V ouBolin , Comte de Neuchâtel. Ce pays est fertile en grainsà en pâturages. Le Canton de Berne ayant succédé auxdroits de T Abbé de Vljlé de Saint-Jean , nomme à la Curedu village de Lignieres,

La Mairie de Boudevilliers ou Boudevillers , a pourlimites au levant & au midi la Mairie de Vallangin, auc ouchant celle de Rochefort, & au nord celle de la 8a-gne, qui est du Comté de Vallangin. Elle a pour chef-lieu le village de Boudevillers : on y trouve aussi le vil-lage la Jonchere ôt la ferme Billes ou Malvillier .

La Mairie la Côte a au levant la Mairie de Neuchâtel,au couchant celles de Colombier ôc de Rochefort, & aun °rd celle de Vallangin. Elle comprend un district detr °is à quatre lieues dans son circuit ; ôc elle forme lafixieme Jurifdiction de l'Etat de Neuchâtel. Elle borde le^ ac , à l’endroit où ce beau bassin présente fa largeur laplus étendue; elle renferme les villages Auvernier , enAllemand Avernach , Peseux , Cormondreche & Cor celles ,°u il y avoir autrefois un Prieuré de Bénédictins, dont

les revenus appartiennent actuellement au Souverain. Avantla Réformation , il y avoir dans Cormondreche des vassauxappellés les quatre Gentilshommes , dont les fiefs ont dômême été réunis au domaine du Prince. Le siège ordi-naire de la Jurifdiction de la Côte est au village d 'Au~vernier. Le fol (37) de cette mairie est celui de tout lspays qui produit le plus de vin ôc les plus beaux boisde sapin ôc de chêne : les fourrages y réussissent aussi très*bien ; ôc soit à raison de la pente générale de son ter*rein, qui n'admet aucune eau croupissante, soit à raisonde son exposition solaire, qui est toute orientale ôc mé-ridionale, l’air que l'on y respire passe pour le plus sain»de la contrée. Les maladies épidémiques y font en effettrès-rares : l’on y parvient communément à un âge avancé»& les rides, traces naturelles de la vieillesse, ne semblenty silloner les visages que fort légèrement. Cependant lepénible travail de la vigne forme la vocation universellede presque tous les habitans : tous à peu près s’y livrent»soit pour eux mêmes, soit pour autrui. Mais il faut direaussi, que pour leur bonheur, il existe chez eux un con*cours du moral ôc du physique merveilleusement biensoutenu; si l'on s’y fatigue dans la culture de la terre»l’on s’y délasse dans la jouissance de la liberté, La cons-titution de l’Etat place les habitans de cette mairie, pourla plupart, dans la classe des Bourgeois de Neuchâtelappellés les Externes 3 classe privilégiée à plus d’un égard,ôc dont les membres ne paient au Prince que des rede-vances fixes & modiques ; ôc même le territoire d ’Au-vernier , au moyen d’une somme une fois payée, est depuislong-temps affranchi de la dîme. De ces divers avan-tages s’infere aisément la prospérité frappante qui régnédans ce district. Dans les quatre villages qui le composent,l’on voit des maisons construites & alignées, des placespubliques ordonnées ôc ménagées, des fontaines entre-tenues, ôc des rues pavées avec plus de foin & de régu-larité que dans nombre de villes. L’on ne s’y pique pas,il est vrai, de la propreté hollandaise ,* la gêne en répu-gneroit trop à la simplicité des moeurs helvétiques, ôcl’ufage d’ailleurs en feroit superflu dans un climat qui n’estnébuleux que par intervalle, ôc oh, au contraire, régnéordinairement un vent sec. Mais ce que l’on aime à trou-ver par-tout, ôc que les habitans de la Côte ont singu-lièrement en partage, c’est, quant à la fortune, l’abon-dance des choses nécessaires à la vie, ôc quant au carac-tère, la disposition à secourir les indigens, soit sous lesloix d’une charité qui console , soit sous les loix d’unehospitalité qui prévient.

La Mairie de Colombier (38) est fur un sol qu’embel-lissent à la sois le lac, la Reufe, des prairies charmantes,des champs fertiles, des coteaux de vignes, ôc des alléesplantées d’arbres. Le village de Colombier est l’un desplus beaux de tout le Comté de Neuchâtel : l’ancíen châ-teau qu’on y voit, est vaste. Du village jusqu’au lac, sont

Ou les grandes Compagnies , que les Historiens Suisses nomment tantes Anglais , & tantôt Gugler. On peut lire l’histoire de leurs ravages daies deux Mémoires que M. le Baron de Zur-Lauben a écrit fur Arnaut «err-oie, dit VArchiprêtre , Capitaine-Général des Routiers, & fur l’expiltl0n d’Enguerand, septième du nom, Sire de Coud, en Alsace & «

Suiíîè : ces Mémoires font inférés dans le tome second de la Bibliothèquemilitaire, historique 8c politique. Paris, 1760, in-it.

(37) Tscharner, Dict. géog. de la Suisse, tom. I, pages 167-166.

(;8) Le même, ibidem, tom. I, p. 161. Leu, ibid. tom. V, pag. 379-,380, Lte.

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