TOPOGRAPHIE.
ARTICLE NEUVIEME.
Le Prince-Evêque de Baie .
■Lf.s armes de l’Evêché de Baie font $ argent à un étuide crosse cL’Evêque de gueules.
L’Evêque ( i ) titulaire cìe Baie est Prince du Saint-Empire Romain , & allié des Cantons Catholiques ; ilpossede un pays assez étendu, qui a pour frontière aulevant les Cantons de Soleure à de Baie; au midi ceuxde Berne & de Soleure; au couchant le Comté de Bour-gogne, les Principautés de Neûchâtel & de Vallangin,& le Sundgau ; & au nord encore le Sundgau & le Comtéde Montbeliard. Sa longueur (2), depuis le Comté deVallangin jusqu’au territoire de la ville de Baie, est dedouze lieues d’Allemagne ; & fa largeur, depuis la petiteville de Tattenried jusqu'à l'Are, est de huit à dix lieuesd’Allemagne. Le pays est très-étroit dans les Bailliages deZwingen , Pfeffingen & de Birjeck. Nous avons décrit (3 )les limites de la Jurifdiction de l’Evêque de Baie, & laforme de fa régence. II étoic autrefois plus puissant qu’ilne Test aujourd’hui : la ville & le Canton de Bâle ayantembrassé la Réformation Pan 1524, le pouvoir épiscopalfe trouva diminué considérablement par cette révolution.L’Evêque Cafpar le Rhei/i avoir déjà transporté sa Courn (*) Delemont en 1501, lorsque la ville de Bâle devintCanton : ses successeurs fixerent leur résidence à Poren-tr u ( ** ) ou Porrentruy. Le Chapitre de Bâle réside àArlesheim, dans la Seigneurie de Birfeck. Les sujets del’Evêque font partie Catholiques & partie Réformés : cesderniers continuent d’anciens traités de Combourgeoisieavec la République de Berne ; & la ville de Bienne tientr ang d’un Etat allié aux Dietes générales des treize Can-tons. Nous décrirons le fol aux divers articles des Bail-liages ou Départemens qui composent la Principauté dePorentru ou Porrentruy ; c’est ainsi qu’on nomme vul-gairement l’étendue des terres qui appartiennent, commeSouveraineté, à l’Evêque de Bâle. On désignera aussi enwême temps les rivières qui arrosent ce pays.
Le siégé primitif des Evêques de Bâle étoit à Augst ,
l’ancienne Augufla Rauracorum , dont nous avons parléà Particle du Canton de Bâle. Les premiers Evêques fenommoient J Evêques des Rauraques , Epijcopi Raura-corum. Augst ayant été (4) détruite en 4JI, le siégé épis-copal fut transféré à Bâle. Justinien, Evêque des Rau-raques , avoir assisté en Z46 au Concile (5) de Cologne,& en 347 à celui (6) de Sardaigne en lilyrie, pour dé-fendre la divinité de JeJus-ChriJÌ. Parmi les Evêques desGaules qui souscrivirent aux mêmes Conciles, on trouveMaximin de Treves, Valentin d’Arles, Jessé de Spire,Victor de Worms, Armand de Strasbourg, Justinien desRauraques, Servais de Tongres, &c. L’Hérésie d’Eu-phratos , Evêque de Cologne, convaincu d’Arianifme ,fut condamnée dans ces Conciles. On trouve la fuite desEvêques de Bâle dans plusieurs Recueils , entr’autres dansl’anciennê Gallia Chrijliana j mais tous ces Catalogues fonten général défectueux. Les favans Bénédictins de l’Ab-baye-Princiere de Saint-Blaife en la Forêt-Noire, quítravaillent (7) à la Germania Sacra , dans laquelle entre-ront même les Evêchés autrefois dépendans de PEmpire-Germanique, & qui en ont été depuis détachés, donne-ront avec le temps l’Histoire des Evêques de Bâle, d’aprèsles monumens authentiques. Le pays des Rauraques fai-foit autrefois partie de celui des Sequanoís ; aussi l’Evêchéde Bâle a-t-il toujours été fous la Métropole de Besançon.Le Prince-Evêque de Bâle régnant, fe nomme François-Jofeph-Sigifmond de Roggenbach , qui a succédé en 1782à Frédéric-Louis-François , Baron de Waugen-Gerold -seck. La maison de Roggenbach (8) a le droit de sessiondans POrdre équestre à Passemblée des Etats de l’Evêchéde Bâle. Jean-Conrad de Roggenbach , élu Evêque deBâle en 1656, & mort en x 693, est célébré dans lesAnnales de ce diocèse.
On peut distinguer les terres de PEvêque de Bâle enPays Allemand & Pays Romand : en voici le précis to-pographique.
(1) Chrétien Wurjleisen , Chronique allemande de Bâle, tom. I. Bâle»I 7 6 î, in-fol. fig. nouvelle édition.
Ce même, Epitome Hijìorix Basiliensis. Basile», i 377, in- 8°.
Sudani, Basilea sacra. Brunduti, 1658 , in-%°.
•Jm-Hos, notifia imperii Procerum, lib. III, cap. XVIII.
Leu, Dict. hist. de la Suisse, tom. II, pag. 101-141 ; 8c titre XIV,P®g- L75-677.
E'Etat G* les Délices de la Suijse , tom. III, pag. 217-246; édition de Bâle,*764, ìn-ii.
Fae/i, Topog. de la Suisse, tom. IV » pag. 508-598.
Euesjlia , Topog. de la Suisse, tom. III, pag. 485-542;
Tscharner , Dict. geog. de la Suisse, tom. I, pag. 89,8cc.
(x) M. Imhoojf d’ Arau, Description abrégée de la Suisse, pag. 79. Bâle»^782, in-iz , en allemand.
(;) Titre XXVII, 8c titre XXXV, sect. III.
(*) Planche, n°. 41.
(**) Planche , n°. zz.
(4) Schoepflin, AIJatìa lllujlrata, tom. I, pag. 179.
(;) Sirmondus , tom. I, Concilior. pag. n. Lableus , tom. II, Conci-liât. pag. 614. Manji, in Collections nova Conciliorum , tom. III, p. 1372;Voyez la Dissertation de M. l'Abbé Graniidìer , fur l’authenticiíe' du Sy-node ou Concile de Cologne tenu en 346, dans le premier volume del’Histoire de l’Eglise 8 c des Evêques-Princes de Strasbourg, pages 6^-74,8 c 130-135.
(6) Labbeus> Concil. tom. II, pages 623-696.
Harduinus, Concil. tom. I, pag. 635-671.
(7) Sous les auspices de leur Prihce-Abbé Martin Gerbert , qu’on peutregarder, à juste titre, comme un nouveau Fondateur de fou Abbaye, 8 cà qui ses Ouvrages profonds 8 c érudits assurent un des premiers rangsparmi les Prélats les plus favans que I’AlIemagne, 8 c même l’Europe, aientproduits dans la Re'publique des Lettres.
( 8 ) Voye\ fur la maison de Roggenbach, les Généalogistes allemands,’Bucelin, Gauh, 8 cc. Ie Dictionnaire historique de la Suisse, par Leu, t. II,pages 153-134» & tom. XV, pag. 351 *îí l »
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