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AB L EAUX DE LA SUISSE.
République. II fallut céder à l’impulsion de Fefferves-cence. Berne établit le premier prédicateur Réformé àTavannes. Les Chanoines de Moutier - Grandval eu-rent de longs différends avec les peuples après le chan-gement arrivé dans le Culte. On exigeoit qu'ils cédassentleur Eglise, ôc qu'ils contribuassent à pensionner lesnouveaux Ministres Réformés. Le peuple menaçoit dene plus acquitter les cens ôc les dixmes dûs au Chapitre,, à moins qu’il n’obtînt ses demandes. Meilleurs de Berneibutenoient le peuple. Soletire étoit pour les Chanoines,qui avoíent un traité de bourgeoisie avec cette ville.A la fuite de plusieurs conférences, ce ne fut pas fanspeine qu’on empêcha le peuple de fe mettre en possessionde FEglise de Moutier à force ouverte. On convintensin, que les Chanoines payeroient aux Ministres Ré-formés la pension qui leur avoit été assignée, ôc queles peuples continueroient de payer au Chapitre & àFEvêque les cens ôc les dixmes j on promit que lesChanoines n’entreprendroient rien contre le Culte nou-veau. Des conditions si dures les dégoûtèrent de leurancien domicile. Ils fe transportèrent à Soleure, oùon leur assigna l’Eglife des Cordeliers ; mais bientôtaprès ils s’établirent à Delemont, dans le voisinage deMoutier, où ils vivent aujourd’hui tranquilles posses-seurs d’un beau revenu, servant Dieu selon leur rite,ôc laissant les peuples qui s’acquittent de ce qu’ils leurdoivent, chanter les Psaumes fans les inquiéter. La Répu-blique de Berne continue (44), en vertu de son traitéde bourgeoisie, de protéger les habitans de ces vallées.Un Sénateur, chargé de l’inspection du Val - Moutier ,va de temps en temps en faire la visite, ôc reçoit lerapport des peuples fur l’état de leurs privilèges. Tousles ans, un Ecclésiastique Bernois , qui porte le titred’Inspecteur des Eglises de Moutier en Grandval, visiteles paroisses de ce pays, s’informe de la discipline Ec-clésiastique , Ôc distribue des catéchismes ôc des livres dePsaumes, dont le Gouvernement de Berne fait les fraisLes Pasteurs ou Ministres de ces paroisses assistent à laclasse de Nidau, l’une des assemblées du Clergé, quel’on convoque annuellement dans le Canton de Berne,pour examiner tout ce qui a rapport à la discipline Ec-clésiastique ôc aux devoirs des gens d’Eglise.
II y a environ cent ans, que plusieurs familles Ana-baptistes du même canton, fe fixerent dans ces contrées.On fait combien cette secte causa autrefois d’alarmes enAllemagne & en Suisse. Elle commença à fe répandreen même-temps que la doctrine de Luther . La Républi-que de Berne prit le parti, vers Fan 1660 , de donnerje choix à ces Sectaires, ou de se soumettre au Cultepublic ôc aux Loix, ou de quitter leur patrie. On leurpermît de vendre leurs biens, ôc d’en emporter la valeur;mais on imposa en même-temps des peines corporelles àceux qui ne prendroient pas l’un de ces deux partis.Les prisons furent bientôt remplies de fanatiques qui nevouloient point obéir. Ce fût dans ce temps-là, q U e les
familles, dont nous venons de parler, fe retirerent dansle Val-Moutier , où leur postérité s’est multipliée. Ilbont plusieurs rapports avec les Quakers ou Trembleurs;ils font laborieux ôc ajoutent à leur industrie un genrede vie frugal ôc actif. Actuellement, on compte plus dequatre-vingt familles de cette secte établies dans les Etatsde l’Evêque de Baie, qui les toléré, parce que ces genspayent au Prince ce qui lui est dû. Leur nombre a con-sidérablement diminué dans le Canton de Berne.
On compte environ huit mille habitans dans la valléede Moutier . En vertu d’un traité qu’ils ont avec Berne,ils font obligés de prendre les armes pour cette Répu-blique, ne réservant que le service de leur Prince; ôcau cas que celui-ci fût en différend avec Berne, Us doi-vent rester neutres. Tel est le tableau de cette constitu-tion bizarre d’un peuple, vivant fous un Prince, dontla Religion est différente, & qui conserve ses droits,grâces à cette même diversité du Culte , qui sembloicdevoir attirer l’oppression sur lui. Les peuples du Tog'genbourg , sujets de F Abbé de Saint-Gall , font à-psu-près dans le même cas.
Les différends entre les Evêques de Baie ôc leurssujets Réformés , protégés par l’Etat de Berne, fe f° n ^renouvellés plusieurs fois dans ce siecle. On a enfin fix^avec plus d’exactitude les droits du Souverain & ^ eSprivilèges des sujets. C’est en vertu des liaisons que ceuX-mont avec la Suisse, qu’une partie d’entr’eux jouit del’avantage d’être indépendans de l’Empire d’Allemagne >dont FEvêque est Membre avec rang de Prince. Bienne,ôc le Val Saint-Jmier-, ou l’Erguel, la Neuville? amontagne de Diesse , ainsi que le Val-Moutier , composent cette portion de l’Evéché, qui est regardée commefaisant partie de la Suisse, ôc comprise dans la p alXWestphalie , où l’on reconnut pour jamais la Nat l0stindépendante de l’Empire d’Allemagné. C’est en vertude cette distinction, que FEvêque, ayant conclu un i ra1 ^avec la France, en 1739, s’exprime ainsi dànslArt.de ce Traité. Le Prince-Evêque de Baie observera tol d 011 ^pendant la guerre une exacte neutralité , ainsi qu Hfait jusqu à présent , continuera en tout tetnp Spermettre aux Officiers Suiffes ou alliés des Suij] eS s %font au service du Roi , de faire des Recrues dansportion de ses Etats qui ne font pas partie de l F in p 1 ^
Passons au Tableau Typographique du Val-M-<> l - tie ^qui a pour bornes au levant ôc au midi le CantonSoleure, ôc l’Erguel, de l’Evêché.de Baie ; au c0UC ^une partie du même Erguel, ôc le Freyenberg , aUl’Evêché de Baie; ôc au nord, le Bailliage Episeof^^Delemont : cette contrée est partagée en deux vaprincipales, qui s’étendent du levant au couchant, Pgrande de ces vallées, celle de Tavanne ou Tachsp scommence au fameux passage, Pierre-Pertuis , alieues de Bienne, ôc finit où commence le district det all , qui est du Canton de Soleure. ' Sa longueur p oî * gquatre lieues , fa largeur dans la partie à 1 orient,
(44) M. de Tscharner de Berne dit dans son Dictionnaire géographiquecke la Suisse, 10m, II, p. 71 , que les habitans de Moutier-Grand-yd sont al-
liés avec le Canton de Berne , qui les protégé de su puijptncedans leurs libertés spirituelles r d temporelles t
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