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Tome I.
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D’abord paroissoit à la tête de PAr-méc la Baniére de dévotion de laNation, comme la chape de SaintMartin, ou POriflâmc qui lui suc-céda , ensuite la Banicre séculièrede la même nation, qui étoit la Ba-niére de France. Après cette secon-de Enseigne vcnoit le Penon Royal,si le Roi étoit à l’Armée, ou le Pe-non de corps du Général.

Ces trois Baniéres avoient le pasfur toutes les Baniéres Provinciales,qui étoicnt les Enseignes du qua-trième rang. Une Banicre de Pro-vince dominoit à son tour sur cel-les des Banlieues comprises dans cet-te Province, & chaque Baniêre deBanlieue dominoit fur toutes cellesdes Bandes comprises dans la Ban-lieue.

Toutes les Baniéres qui se vo-yoient dans une Armée rangée enbataille, en occupoient le devant,auais fur différent rang, suivantaeur ordre de subordination. LesBaniéres Provinciales formoient unpremier rang, celles des Banlieuestin second, celles des Bandes untroisième. Comme celles-ci étoicnten plus grand nombre, & que lesTroupes à qui elles étoient propress’appclloient Bandes, & qu’elles-ftiemes s’appelloient Bandes ; delà vient qu’on difoit d’une Arméealignée pour combattre ou camper,qu’elle offroit un front de bandiére.

L’arrangemcnt fur plusieurs lignesdes Baniéres au-devant d’une Ar-mée ne se jgardoitpas constamment.Quand il etoit question d’en veniraux mains , comme ces Baniéresauroient trop embarrassé, elles ren-troient toutes dans le premier rangdes combattans, les Baniéres infé-rieures à la gauche de leurs supé-rieures , mais ayant la droite furles Pcnons qui dépendoient d’elles.

La premiere Baniére de dévotionde la nation fut la Chape de SaintMartin, qui étoit un voile de taffe-tas fur lequel le Saint étoit peint.

Ce voile étoit gardé avec respectsous une tente. Avant que d’envenir aux mains, on le portoit entriomphe autour du Camp. CetteChape a été en vogue 600. ans.Une autre Baniére non moins fa-meuse, appellée Orijìâme, lui a suc-cédé sous Charlemagne : j’en par-lerai en son lieu.

Pour la Baniére de France, c’étoitle Drapeau de nos anciens Rois,quand ils alloient à la guerre. IIétoit le plus grand Etendai t, & leplus orné de tous. Vers Pan 1100.on l’attachoit au haut d’un mât ougros arbre planté fur un échafautui posoit fur un chariot, tiré pares bœufs couverts de housses develours, ornées de devises, où deschiffres du Prince régnant. Au pieddu gros arbre, un Prêtre difoit laMesse tous les jours de fort grandmatin. Dix Chevaliers jour & nuitmontoient la garde fur Péchafaut,& autant de Trompettes qui étoientau pied du gros arbre, necessoientde jouer des fanfares, afin d'ani-111er les Soldats. Cette embaraffan-te machine, dont la mode venoitd’Italie, fut en usage en France120. ou 130. ans. Elle étoit au cen-tre de l’Armée. O11 n’étoit pointcensé vainqueur, qu’on ne s’en fûtrendu maître, ni vaincu, qu’on nePeut perdue.

Les François ont changé trois foisleurs couleurs désignative. Ils onteu du bleu, tant (jue la Baniére deSaint Martin a été leur Enseigneprincipale. Ils eurent du rougependant qu’ils se sont servis del’Orijìàme, & ils ont pris le blanc,quand leur dévotion s’est tournéevers la Sainte Vierge, & qu’ils ontété obligés de sc distinguer d’avecles Anglois, qui, au régné de Char-les VI. quittèrent le blanc Óc pri-tent le rouge, qui étoit la cou-leur des François , à causé desprétentions qu’ils avoient fur laFrance ; c’est ce qui porta le soc-G 3 celfeur