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Lc bastion coupé a un angle ren-trant , placé à la pointe, fait entenaille. On appelle auí&un bastioncoupé, celui qui est retranché de laPlace par quelque fost'é. Des Ingé-nieurs ont enseigné la maniéré defortifier par des pièces détachées:en ce cas, on les appelle ravelinr.
Pendant un siège on dit : Atta-cher un mineur à un bastion , sa-per , miner le bastion , fe loger furle bastion.
D E M I - B A S TI o N, est une pla-ce de fortification, qui n’a qu’uneface & un plan. Pour fortifier unangle trop aigu d'une Place, on encoupe la pointe, & on y met deuxdemi-basîions, qui font une tenaille,ou un angle rentrant. Leur plusgrand usage est d’ètre à la tète desouvrages a corne, & à couronne.
Le Maréchal de Vauban a inven-té la Tour bajiionnée, & a mis lafortification fur le pied où elle est.1.'usage des Tours bâillonnées, estde servir de retranchement aux con-tre-gardes, & de mettre les pou-dres en sûreté, car elles font con-struites en souterrains, à l’épreuvede la bombe.
BASTONNADE : c’est unepunition militaire & civile, encoreen usage chez les Turcs. Pour lesgrandes fautes on bajìonnoit chezles Romains. Voici comme la ba-stonnade se faisoit au rapport de Po-lvbe. Le Tribun prenant un bâ-ton ne faisoit qu’en toucher le cri-minel, & auífi-tôt après tous les Lé-gionnaires soudoient fur lui à coupsde bâton & de pierres, en forte quele plus souvent il perdoit laviedansce supplice. Si quelqu’un enéchap-poit, il n’étoit pas pour cela sauvé.II ne lui étoit pas permis de retour-ner dans fa patrie, & ses amis ouses parens n’avoient pas la libertéde le recevoir.
La bastonnade étoit encore le sup-plice de ceux qui voioient dans leCamp, qui rendoient quelque faux
témoignage, qui sc prétoient àquelque infamie, & qui étoient re-pris trois fois de la méme faute.S’il arrivoit que plusieurs fussent enmême-tems coupables des mémesfautes, & que des cohortes entie-res eussent été chassées de leurs po-stes , alors au lieu de ballonner, oude faire mourir, ils sc fervoientd’un expédient qui n’étoit pas moinsavantageux que terrible. Le Tri-bun assembloit la Légion, il sc fai-soit presenter les coupables, & aprèsune scvère reprimende, il les fai-soit tirer au sort, & en séparoitcinq, huit, vingt, plus ou moins,scion le nombre de ceux qui parcrainte avoient commis quelque lâ-cheté.
Chaque dixième d’entre eux,comme cela sc pratique encore au-jourd’hui parmi nous & chez les au-tres Puissances, étoit destiné au fup-lice, & ceux fur qui le fort tom-oit, étoient ballonnés fans rémis-sion. Le reste étoit condamné à nerecevoir que de l’orge au lieu debled & à camper hors du retran-chement, au risque d’e'tre attaquépar les Ennemis. Comme le dan-ger & la crainte de mourir étoientégales pour tous à cause de l’incer-titude au sort, & que la peine hon-teuse de ne vivre que d’orge s’éten-doit également à tous ces lâches:on trouvoic dans cette discipline, &un préservatif contre les fautes àvenir, & un remede pour les fau-tes passées.
BASTONNE'E d’eau, termede Marine , est la quantité d’eauque l’on puise à la pompe, chaquefois que la brimbale joue.
B A S'I'U D E : c’est une efpecede filet, duquel on sc sert pour pé-cher dans les étangs salés. I-’Or-donnqnce de idgi. fait défenses auxPécheurs qui sc fervent d’engins, ap-pellés sicheures, de prendre les pois-sons enfermés dans les Bastudes àpeine de punition corporelle.
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