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Tome I.
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227-228
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sous la conduite des Maréchaux dede Broglie & de Belle-isle, où cesdeux Généraux, par leurs vigou-reuses sorties, ont fait voir auPrince Charles de Lorraine, com-mandant des Troupes de la Reined’Hongrie, que les François fontpar tout redoutables a leursEnnemis.

BATAILLON, est un corpsd’Infanterie de six cens hommes.

On appelle ailes du Bataillon lesextrémités des rangs, & le milieuse nomme le centre. Le premierrang qui fait face, s’appelle tète oufront du Bataillon ; le dernier queueou épaule du Bataillon, & la gran-deur de la file, en égard au Batail-lon, hauteur ou fond du Bataillon.

Ce n’est que fous François I.qu’on a commencé à voir des corpsde Troupes appelles Bataillons.Mais un Bataillon alors ne restoitexistant que six mois, & les Bandesqui le composoient venant à sc sé-

E arer, il n’y avoit plus de Bataillon.

lepuis François II. & Charles IX.le dénombrement d’une Armée sefait par Bataillons & par Escadrons.

Les Bataillons font composés damnombre de Compagnies, & d’hom-mes, qui varie selon que le Roi lcjuge à propos, suivant les con-jonctures.

Bataillon est un diminutif dumot Bataille.

Quand dans les Places de guerreìl y a plusieurs Régimens, & quedes Compagnies de ces Régimensl’on forme un Bataillon, celles duplus ancien Corps prennent la droi-te , celles du second tiennent la gau-che les autres Compagnies des Ré-gimens moins anciens prennent suc-cessivement leur rang à droite & àgauche. Pour les Officiers de cesCompagnies, chacun se poste dansle terrein vis-à-vis de fa Compagnie,à la réserve du Commandant, qui,sans avoir égard au lieu où fera faCompagnie, aura toujours le po-ste d’hoímèur. -

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L’art dont on se sert pour formerles Bataillons , enseigne à rangerun corps d’Infanterie avec ordre &précaution, afin qu’il puisse com-battre avantageusement un plusgrand corps d’Infanterie, ou deCa-vallerie, & même un corps compo-sé de l’un & del’autre. Quand l’In-fanterie est attaquée en rase cam-pagne, & qu’elle n’a point, pourse couvrir contre les attaques desEscadrons, des fossés, des haies,des hauteurs, ou d’autre terrein fa-vorable, le grand but est d’empê-cher qu’elle ne soit rompue parla Cavallerie.

Autrefois pour qu’un Batailloneût l’avantage, de quarré on le fai-soit octogone, afin de faire feu detous les côtés, & de présenter lesarmes par tout. Mais, comme jel’ai déja dit ailleurs ; la précipita-tion des combats & l’cmbarras deces mouvemens, font rejettes cesprécautions, qui demandent ungrand loisir.

On dit : ferrer un Bataillon ,former un Bataillon, ouvrir, percerun Bataillon.

On considérois l’angle d’un Ba-taillon, comme la partie la plusfoible, quand il s’agissoit d’arreterles. efforts de la Cavallerie. L’angleétant moins garni, les Soldats deces encognures présentoient les ar-mes fur les côtés, fans pouvoir enméme-tenis les présenter fur l’angle,& ce même angle demeuroit dégar-ni , ouvert & mal défendu; à moinsqu’on ne l’émoussát, & que d’unBataillon quarré on n’en fît unoctogone.

Cela se faisoit en vuidant & enquarrant le centre du Bataillon,pour former quatre branches d’unecroix ; alors l’intervale extérieurétoit rempli de ces branches par despelotons détachés du corps du Ba-taillon, & composés d’un nombrequarré. Si on ne vouloit pase'moufferles angles, ni réduire les