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Tome I.
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Bataillons en croix, on mettoit desmanches fur les encognures.

Les anciens Maréchaux de Batail-le autorisoient 1 usage des Bataillonsoctogones. Mais cette maniéré deformer un Bataillon est aujourd’huinégligée. Dans les pressantes con-jonctures d’un combat précipité, on11’a pas le loisir de le former, & ilfaut un terre!n commode, dont onn’est pas. toujours le maître.

O11 fait des Bataillons à centreplein, ou à centre vuide, óc onleur cíonn'e la figure que l’on veut,suivant le terrein qu’on occupe.

, Les Bataillons à centre plein onttoujours été en usage, & étoientjes seuls pratiqués avant le derniersiécle. Peut-étre les nc'gligea-t-onun peu, dès qu’on eut trouvé laminière d’en faire à centre vuide.

Cette maniéré étoit de grandeutilité, lorfqu’on l’a inventée ; carles Armées n’étoient pas si nom-breuses, qu’elles le font à présent.On cherchoit un ordre qui les éten-dît, pour occuper plus de terrein,& s’empêcher d’être envelopé.Comme en ce tems-là on avoit despiques, le vuide n’étoit pas un dé-faut. Cette arme tenoit la Caval-lerie éloignée, & en respect. Bail-leurs ce vuide fervoit a renfermerquelques pièces d’artillerie, quimarchoient ordinairement avecl’Infanterie.

Aujourd’hui ces raisons cessent.On a très-fouvent plus de mondequ’il 11’en faut, pour avoir desfronts fustifans : l’artillerie fait uncorps séparé, quia fa garde parti-culière, & les piques fupriméesdonnant plus de facilité pour apro-cher & percer les Bataillons, levuide qu’on y laisse devient souventdangereux. Le Bataillon quarréplein, est plus difficile à former,que le Bataillon quarré vuide.

Le Bataillon quarré est une imi-tation de la Phalange Grecque. Ona commence à faire usage duBatail-

lon quarré à la Bataille de Bovines.Cela fut renouvellé à celle de Ro-croy en 1643. où l’Infanterie IEspa-gnole voyant fa Cavallerie défaitepar celle des François, fe forma enBataillon quarré, qui contenoitdans son centre vuide dix-lmit piè-ces de canon.

Ce Bataillon s’ouvroit quandI’artillerie qui y étoit enferméeétoit en état de tirer ; la déchargefaite, il fe renfermoit. Les Fran-çois ne vinrent à bout de forcer cecorps redoutable qu’à la quatrièmedécharge, & peut-étre auroit-il ré-sisté plus longtems, si l’Osticier quil’avoit formé & le faifoit manoeu-vrer, n’eût été tué.

Les Bataillons d’autres figuresque les quarrés, soit pleins, soitvuides, ne font point à mépriser.S’il y en a qui font moins aises pourla marche, ils font meilleurs pourcombattre de pied ferme , enattendant du secours , parce qu’a-yant les angles plus émoussés, ilsdonnent moins de prise à l’Ennemi,& font un feu moins oblique.

Le Bataillon rond étoit fort usitépar les anciens, & jufqu’au PrinceMaurice de Nassau on n’en avoitguéres connu d’autre figure, que lerond, l’ovale, le quarré & le tri-angle. Quelques-uns disent que cedernier avoit été inventé par Phi-lippe de Macédoine, pour l’Ffca-dron de la Cavallerie. II y a en-core le Bataillon à lonzange, qui scforme du Bataillon quarré à centreplein : des Bataillons triangles,car il y en a deux fortes, qui l’un& l’autre font plus avantageux, quele Bataillon quarré ; des Batail-lons octogones ; des Bataillons encroix. La croix de Lorraine, quiest un Bataillon de Fusiliers dans laforme de cette croix : le Bataillonen échiquier : le Bataillon en dou-ble croix pleine & renforcée.

BATARD, terme de Marine,est une corde qui assemble les rac-II 2 cages,