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besoins augmentant tous les jours,en font déserter la Garnison, ycausent des murmures & des foulc-vemens, qui souvent forcent leGouverneur à se rendre par ca-pitulation.
Le succès de cette espèce de blo-cus se fait long-tems attendre, parcequ’il est presque impossible qu’il n’yentre toujours quelques vivres endétail, qui font au moins prendreun peu de patience. Son avantageest bien plus sensible, quand aprèsavoir ainsi bloqué une Place de loinpendant un teins considérable, on enforme ensuite le Siège, parce qu’011la trouve plus aisément dépourvuede bien des choses nécessaires àla défense.
L’autre espèce de blocus se faitde plus près par des lignes de cir-convallation, & de contrevallation,dans lesquelles l’Armée fe place,lorsque, par exemple, après le gaind’une bataille, l’Ennemi fe feroitretiré dans une Ville, qu’on fçau-roit n’être pas bien pourvue de vi-vres , & que Don présume pouvoiraffamer en peu de jours.
Ce cas n’arrive pas ordinaire-ment, parce qu’il feroit trop im-prudent à un Général battu de s’ex-poscr à perdre le reste de son Ar-mée, en s’enfermantdans une mau-vaise Place. Ainsi Tissage des blo-cus fe trouve beaucoup plus souventdans la premiere efpéce, que danscette derniere.
Un blocus, simple de loin,réduitrarement une Place forte à fe ren-dre ; mais un blocus de loin quiprécède le siège d’une Place, en hâ-te la perte , par le manque deschoses nécessaires à la subsistance,ou à la défense, qui ne peuvent yêtre introduites.
La maniéré de bloquer des Placespar des Corps de Cavallerie queTon met dans les Villes fortes deleur voisinage, est bien plus com-mode qu’aucune autre , parce
qu’ellc ne fatigueras tant les Trou-pes destinées au blocus , que si ortles mettoit dans les Villages ou po-stes non fortifiés, qu’il faut que ce»Troupes accommodent & gardentpour leur fureté, tant contre laGarnison même, s’il se trouve queces postes soient sans communica-tion entr’eux, que contre TEnnemi,qui peut se rassembler, battre undes quartiers, & introduire un con-voi ou un secours dans la PlacdiO11 bloque une Place de près pardes quartiers, quand cette Place estcomposée d’un Peuple si nombreux& si mal aprovisionné, que Ton estcomme sûr que ce blocus ne durerapas long-tems, fans jetter ce peupledans des besoins essentiels, & quandd’ailleurs on est assez maître de lacampagne, par une Armée qui ob-serve celle de TEnnemi, pour n’a-voir point à craindre qu’il force leblocus, parce qu’un seul quartierforcé causeroit la perte ou l’enleve-ment des autres, qui pourroientn’avoir pas le tems de se rassembler,pour se retirer en bon ordre devantun Ennemi supérieur, parce qu’ilferoit ensemble.
Rarement une Armée se renfer-me dans les lignes de circonvalla-tion, dans le seul dessein de fairetomber une Place par un blocus.
La maniéré de faire tomber de»Places par des blocus éloignés, a été,fous les derniers regnes, cn usageen Hongrie, où les Mécontens,n’é-tant pas en état de former dessièges des Places gardées par lesgarnisons de TEmpereur, cn ontfait tomber quelques-unes, en em-pêchant le Peuple de faire paisible-ment la culture des terres, & lagarnison foible de sortir, pour allerchercher dans le voisinage de laPlace les grains, & autres chosesnécessaires à la vie.
Mais ces blocus ne leur ont pastoujours réussi. Les Mécontens ontsouvent été obligés de les lever *
Tapro-