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Tome I.
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jaune, prenant très-aifément le poli:sa feuille ressemble à celle du Myr-te, niais elle est plus grasse, plusverte, & plus ronde, & ne tombepoint en hiver , comme celle desautres arbres. Comme son bois estfort dur, & qu’il n’est jamais pour-ri ni vermoulu, on en peut fairedes rouets, & des ai dieux de pou-lies. Ce bois est si lourd, qu’ilva au fond de seau, & ne nagepoint dessus.

BOULANGER : II faut né-cessairement des Boulangers dansles armées pour faire le pain de mu-nition. Le Commis qui préside àla construction des fours, a le foind’assembler les Boulangers que lesEntrepreneurs des vivres lui en-voient de Paris pour travailler aupain de munition. II laisse auxMaîtres Boulangers qui font à la tê-te des Brigades, le choix libre deleurs garçons, afin que le services’en fasse mieux.

Quand les Brigades font formées,il assigne à chacune un four, & unautre Commis chargé du travail,leur fait délivrer des farines & desustensiles. Chaque Brigade de Bou-langers , ou chaque four a unCommis qui veille au travail de lamunition.

La farine qu’on apporte des Pla-ces frontières doit être bonne, &les sacs de poids, car lorsque Pu nou l’autre manque, il est impossi-ble aux Boulangers de faire de bonpain, & de rendre 180. rations dulac, comme ils y font obligés.

II n’y a point de métier plus ru-de que de faire du pain de muni-tion : & l’on en est persuadé, quandon considère que les Boulangersd’Armée continuent quelquefois un' travail plus de cinq semaines fansfe coucher, que fur des sacs, &qu’ils passent souvent des nuits en-tières sens dormir, tellement queles jambes enflent particulièrementaux pétrifleurs.

C’est au Brigadier de chaque fourà prendre si bien son tems, qu’ilpuisse délivrer lui - même son pain,& avoir Pœil fur ses gens. 11 y apunition corporelle envers toutBoulanger , convaincu de n’avoirpas fait du pain du poids de l’Or-donnance.

On voit des Boulangers fans aveusuivant l’armée, qu’on nomme com-munément Maquilleurs, & qui fontdu pain pour vendre au quartier duRoi : ces gens là ne manquent ja-mais de lier commerce avec les Bou-langers de la munition, & de lesporter à tamiser leur farine, & àleur en vendre.

On éloigne ces corrupteurs au-tant qu’on peut, & si l’on en trou-ve quelqu’un saisi de la farine duMunitionnaire, le Directeur ouCommis général des vivres est endroit de les mettre entre les mainsdu Prévôt de Parmée , ainsi queceux qui lui vendent la farine, oudans le four defquels on trouve desinstrumens à tamiser la farine pouren commercer la fleur avec ces Ma-quilleurs ; & comme il est arrivéplusieurs fois on pend ces fripons,ou on les envoie aux Galères.

II faut cent soixante Boulangerspour fournir une armée, qui con-sommera cinquante mille rations.Ce nombre forme quarante Briga-des, composées chacune d’uii Maî-tre, & de trois garçons, dont vingttravailleront pour Parmée, & lesautres attendront du travail. Ce-pendant on leur paye leurs journéesa un prix modique, jufqu’à ce qu’ilsayent gagné quelque chose aux tra-vaux , qu’ils auront entrepris.

On entretient ces surnumérairespar précaution, c’est-à-dire, pourêtre prêts à établir un nouveau tra-vail , lorsque le Général a desseinde décamper, & de s’éloigner dulieu d’où Parmée tire fa fubsistence.

BOULANGERIE, est le lieuoù font construits les fours qui fer-lé 3 vent