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y avoit des ponts ou des sambuquespour jetter fur les brèches & forcesarbres en héritions, ce qui les ren-doit inutiles & de nul effet.
Les Anciens sc scrvoient encored’un autre expédient pour couvrirleurs brèches. 11s avoient un grandnombre de longues poutres ipi’ilsdefcendoient de bout fur les débris,qu’ils pofoient à côté & près lesunes des autres, qu’ils lioient en-semble par un fort lambourdage deplusieurs solives chevillées ouclouées fortement.
Ces poutres rangées de la forte,& souvent sur plusieurs rangs, rélì-stoient au coups de béliers ; maisces nouveaux murs n’e'toient prati-cables qu’aux Villes où les murail-les étoient terrassées, les poutresappuyant fur la terrasse ou fur lerevêtement, lorfqu’on vouloit em-pêcher qu’il ne fondît entierement.Les Turcs ont conservé ces fortesde murs de poutres pour couvrirles brèches.
Les Brèches étoient quelquefoisfaites avec tant de promptitude, soitpar les tapes de dessus, soit parcel-les pratiquées au-dessous des fonde-mens par galeries souterraines, queles Assiégés sc trouvoient tout d’uncoup ouverts lorfqu’ils y penfoientle moins ; ils recouroient alors àun remede fort simple pour avoirle temps de sc reconnoítre & de scremparer derriere la brèche ou desc présenter en meilleur ordre &avec plus de résolution qu’on 11’enfait paroître dans une surprise, oùles hommes les plus déterminés11’ont souvent ni force ni couragedans les choses imprévues & tout-à-fait extraordinaires.
Le remede auquel les Anciens re-couroient alors, e'toit de jetter aubas dc fur les décombres de la brè-che une quantité prodigieuse de boissec, & de matières combustiblesausquelles on mettoit le feu, ce quitauCoit un tel embrasement, qu’on
avoit soin d’entretenir, qu’il étoitimpossible aux Affiégeans de passerau travers la flamme, & Rappro-cher de la brèche. L’Histoire An-cienne & moderne nous apprend ungrand nombre d’exemples de cesfortes de stratagèmes, non pas seu-lement dans les sièges, mais encoredans les retraites d’armées faitesdans des défilés ou fur deschaussées.
Ou défend une brèche avec desbarils remplis d’eau, ou de pierres,que l'on fait rouler du haut de labrèche, avec des chevaux de frise,des chausles-trapes, que l’on metdans le passage de la brèche , desfascines goudronnées & allumées,qui offusquent les Affiégeans, &qui éclairent les Assièges, quandc’est la nuit avec de la chaux, furlaquelle on fait couler de l’eau, quiproduit beaucoup de fumée, le ca-non, qui est derrière les retranche-mens, les fourneaux & les fougassesralentissent le courage du Soldat;quand même cela ne produiroit pastout son effet d’ailleurs.
L’usage de faire brèche à coupsde canon consomme moins d’hom-mes, que celui de la faire par l’ef-fet de la mine, parce qu’il est inu-tile de prendre des établissemensdans les fossés secs, pour soutenirle Mineur, & que si le fossé estplein d’eau, les décombres causéespar l’esset du canon, en comblentune partie.
Au siège de Charleroi en 1693.on fit des traverses dans le fond duforte sec pour soutenir le pied de labrèche. Ce retranchement étoit faità sangle flanqué du Bastion qu’onavoit ouvert. Ainsi, dit M. deFeuquicre, si la défense avoit étéplus opiniâtrée, il anroit été né-certaire pour monter à fartant, desc prolonger fur la tête du chemincouvert, & d’embrasser sangle
saillant de la contrescarpe devant lapointe du bastion ; pour chasser les
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