C H A
C H A
510
5 ° 9
de 4. pieds de long, on le met enbottes ; on l’écorche avant qued’en faire du charbon.
Pour faire ce charbon , on creuseun trou dans la terre. O11 assemblece bois tout de bout, on le brûleà flamme vive, & quand on voitqu’il est bien brûlé & en charbon;on l’étouffe avec un balai, fans yietter d’eau. Ce charbon est très-leger, & on le met en lieu où il esttoujours sèchement.
CHARETTE. Toutle mon-de connoît ce que c’est qu’une chs-rette ; mais c’est une chose si utiledans l’Artillerie, qu’il semble qu’onne puisse fe dispenser d’en dire unmot. Elle sert à porter des muni-tions. Elle change de figure danschaque Département, parce queMeilleurs les Lieutenans Générauxd’Artillerie ont chacun leur maniéréde les faire faire, en égard auxpays où ils fervent.
CHARGE de Mine. On char-geoit autrefois la Mine avec desbarriques pleines de poudre qu’onarrangeoit dans les chambres, enrompant quelqties douves, & ré-pandant de la poudre entre-deux ;mais comme cette maniéré étoitfort incommode, & ne donnoit pasassez de facilité au prompt embrase-ment des poudres, si nécessaire ce-pendant pour faire produire à lamine un grand effet, on s’avifa decharger avec des sacs pleins de pou-dre , que le Mineur fendoit avec uncouteau pour les ouvrir, jettant enmême - tems de la poudre en-tre - deux.
Quoique cette méthode fût moinsincommode, & valût beaucoupmieux que la précédente, on en acependant imaginé aujourd’hui unetroisième, qui doit fans doute luictre préférée par l’union plus ser-rée des Poudres qu elle produit : cequi les met en état de faire un plusgrand effet.
On met dans le bas de la cham-
bre un plancher de madriers, furlesquels on jette un lit d’un pouced’épais, qu’on couvre de sacs a ter-res vuides, de peur que les pou-dres ne prennent l’humidité. Onjette fur ces sacs la poudre destinéeà la charge, dont on ne fait qu’unseul tas, & pour empêcher qu’ellene touche aux côtés de la chambre,on les garnit tout autour de paille& de sacs à terre.
Quand 011 a mis les poudres suf-fisantes, l’Officier, Sergent 011 Ca-poral , qui a le foin de la charge, yenfonce la saucisse bien avant dansle milieu, & l’arrête par une che-ville plantée à terre, pour empê-cher qu’on ne l’arrache en la tirantpar l’autre bout, ou que la violen-ce du feu de la poiídre ne la déran-ge. Quand on l’a attachée, oncouvre les poudres avec des madri-ers , & l’on remplit l’efpace qui re-ste entre ceux-ci & ceux du plat-fond, avec une maçonnerie de fu-mier, après quoi on ferme l’entréeavec de gros madriers joints ensem-ble, & bien acontrebuttés, maçon-nant les vuides avec des moêlons,du bois & du fumier, qui tientlieu de mortier.
On traverse en plusieurs endroitsla galerie de semblables madriersbien soutenus, remplissant toujoursles vuides, de la maniéré que nousvenons de dire. Quand on est ar-rivé au premier coude ou retour,011 le ferme avec le même foin, &l’on continue jufqu’au troisième ouquatrième, prenant garde qu’on nedérange jamais l’auget, que la sau-cisse soit toûjours tenue bien sèche,& qu’il y ait plus loin du centre dela chambre à la derniere fermeture,que de ce même centre à la surfacedu terrein qu’on veut enlever ; carautrement la poudre faisant toûjoursson effet du côté le plus foible, nemanqueroit pas de sc jetter du côtéde la galerie.
Cette derniere opération doitcourou-