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Tome I.
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vant être continuellement pourvues,de tout ce qui se consomme jour-nellement, un General fait assem-bler les convois dans la place la plusvoisine de l’Armée, afin de pou-voir aisément les rendre fréqucns.

II ordonne au Gouverneur deveiller continuellement à rendre leschemins sûrs, contre les petits Par-tis ennemis, qui à la faveur desbois se peuvent tenir cachés, âc en-lever en détail les Marchands quiviennent à l’Armée. Ces sortes depetits partis doivent plutôt être re-gardés comme des Voleurs, qui seratsemblent, que comme des partisde guerre ; aussi les traite-t-onavec toute forte de rigueur, lors-qu'on les charge, & avant qu’ilsaient pu faire voir qu’ils font mu-nis de passeports.

Lorsqu’un convoi est prêt, il estdu soin d’un Général de le faire ar-river dans son ffàmp avec fureté.

La situation du païs^où Téloigne-ment de la Ville, d’ou part le con-voi, la portée de l’Armée ennemie,sont les différences de la qualité,! âcde la force des escortes, qui peu-vent être assez considérables, peurmériter d’être commandées par unOfficier Général , comme font lesconvois d’argent.

II y a des convois, de plusieursespèces. Ceux des vivres qui fontpresque continuels, pour l’allée, âcle retour, parce que le pain se four-nit aux Trouppes tous les quatrejours, & à ccux-ci se joint tout cequi vient à l’Armee pour son be-soin particulier; les convois de mu-nitions de guerre pour les besoinsjournaliers de l’Armée, & ceux, quise font pour conduire devant unePlace assiégée la grosse artillerie.

En général de quelque espèce quesoit un convoi, il faut pourvoir àce qu’il arrive finement à l’Arméeasin de ne point rebuter les gensque le gain attire à la fuite de l’Ar-mée & qu’elle ne manque jamaisde rien.

Les Armées Allemandes sçaventmieux se passer de la régularité dansla fourniture du pain que les Fran-çois. Les Allemands ont de petitsmoulins par Compagnie, âc lorsqueles grains font murs, ils font de lafarine, âc cuisent du pain.

Les François amassent auffi dugrain, mais ils en font un mauvaisusage. Ils le vendent aux Vivan-diers, âc meme aux Munitionnaires.

La nécessité des convois de muni-tions de guerre, pour les Arméesqui font des sièges est indispensa-ble, âc les mesures pour les faireavec fureté doivent être bien prisespar les Ministres de la guerre, &par les Généraux, qui font employéspour l’exécution de ces projets.

Les convois pour le pain se fonttoujours de trois jours en trois jours,quelquefois plus souvent. Commele Capitaine Général des vivresvient tous les soirs à Tordre chez leGénéral des vivres, il est avertiquand on en doit faire, &du nom-bre de caissons qu’il doit fournir,ou de charrettes fans caissons, âcil ne manque pas d’exécuter régu-lièrement ce qu’on lui ordonne àce sujet. Voyez ESCORTE DECONVOIS.

CONVOI sur Mer : c’est unVaisseau de guerre, qui conduit desVaisseaux Marchands. On appelleLettres de Convoi un billet ou écritque le Commandant de T escortedonne à chaque Capitaine, ou Maî-tre de Vaisseaux Marchands, parle,quel on leur permet de se mettresous la protection du Convoi.Chambre des Convois ; c’est la cham-bre où se délivrent ces billets, &on y expédie tout ce qui régardeles convois.

C O N V O I E R des VaisseauxMarchands, c’est le foin que le Vais-seau de guerre prend de leur con-duite , la route qu’il fait pour cela,âc le tems qu’il y employé.

COQ.