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Tome I.
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783-784
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On prend les demi-lunet d’emblée,Jorsqu’ellcs ne font que de terre,moyennant que l’on observe de met-tre du canon sur la pointe de lacontrescarpe opposée; de faire deuxpassages de forte à chaque face ;d’en faire rompre à coups de canonles Fraises ou Palissades en Berme,tSt de bien labourer les talus, & lesdéfenses, pour en faciliter la mon-tée ; d'approcher les logemens furles extrémités des angles rentransdu chemin-couvert, afin de croiserde revers autant qu’il cil possible.

Pour obliger PEnneiui d’aban-donner cet ouvrage, il est encorenécessaire de placer des batteries, &qu’elles croisent sur le grand sosie,qui le sépare du corps de la Place ;d’en rompre les ponts, & d’en bat-tre les communications par le ca-non , & la mousqueterie ; de fa-briquer les ponts, qui doivent ser-vir a faire l’insulte & le logement.

II faut en exécuter l’entrepriseplutôt de nuit que de jour, parceque le feu de la Place plongeantdans l'obscurité, a bien moins decertitude que celui de la tranchée,qui vient de bas en haut, & quine peut jamais manquer d’effleurerle sommet des défenses, que la lueurdu ciel fait toujours apperccvoir.

Comme il y a peu de demi-lunetqui soient revêtues, il y en a aussipeu qu’on ne soit en état d’astaillir,& dès que l’on est une fois maîtred’une demi-lune isolée, P Ennemipeut compter qu’il n’y a plus de re-tour pour lui, fur-tout lî elle estvíië par derrière.

II y a plus de ressources aux de-mi-lunes à fortes secs, qui ont dessorties vis-à-vis de leur derrière, &qui fournissent à l’Ennemi autant deretraites, où il peut se rassembler àcouvert. Cela se volt très - rare-ment, mais aussi quand la choseest, il revient quelquefois tout enbataille.

Quand on en trouve de pareilles.

il faut s’y étendre davantage, <5c encouper les gorges par de bons lo-gemens, dont l’un soutienne l’au-tre. On peut inférer delà que lesdemi-lunes à folles secs, sont meil-leures que celles qui sont environ-nées d’eau, quand elles sont bienrevêtues tout autour ; car autre-ment, elles scroient d’un accès plusfacile, dc par conséquent plus com-modes à être attaquées.

Quand les pointes des demi-lunetsont li bien tournées, que delà onpeut battre l’un des flancs, ou quel-que partie dc la courtine, qui nuitau passage du folle , pour-Iors ilfaut établir des batteries & s’en ser-vir. Ce n’est pas le tout, on doitaussi prendre garde, que l’Ennemin’en puisse pas opposer de plus for-tes de la courtine, car en ce cas-làce seroit perdre, Ôc son tems, &ses peines.

Pour ce qui concerne l’ordre,que l’on fuit en donnant fur la de-mi-lune, il ne diffère de celui qu’onobserve en insultant la contrescarpe,qu’en ce que l’on s’y prend la nuitpour l’une, & de jour pour Pau-tre. On fait grand feu de mous-queterie & de canon, parce qu’iln’y a rien qui puisse faire appré-hender de blesser ses Gens ; maislorsqu’ils paraissent sur la demi-lu-ne, on se doit bien garder de leurnuire , en agissant à l’étourdi.

On en régie le teins par un signal,afin que les passages des fossés puis-sent être remplis par tous les déta-chemens à la fois. Ceux qui aurontdonne; peuvent se mettre à cou-vert dans les retranchemens des En-nemis, s’il y en a. S’il ne s’entrouve point, on tache de leur rou-ler quelques gabions farcis le Ions;de la berme, jusqu’à P extrémité,qui aboutit sur le bord du grandfossé.

Si la berme étoit tellement embar-rassé de débris, ou de palissades,qu’on ne pût venir à bout d’y fai-re