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Tome I.
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re passer de gros gabions, l’Inge-nieur qui en connoîtra la disposi-tion, ordonnera d’en préparer detrois pieds de diamètre, fur autantde haut. 11 les doit faire remplirde fascines ferrées de bridées, de for-te qu’on puisse les porter par - toutoù ils seront nécessaires. On enfait de petites rangées, qu’on re-hausse de fascines doubles, derriè-re lesquelles, les Trouppes se met-tent à couvert , jusqu’') ce que lelogement soit en état de les recevoir.

Ceci suffit pour l’attaque de lademi-lune, voyons à présent ce quel’on doit faire pour sa défense.

Après la prise du retranchementde la place d’Armes du chemin-cou-vert, l’affiégeant tente le passage dufossé de la demi-lune. S’il est sec,il fait une descente souterraine, pourattacher le Mineur aux faces ; s’ilest plein d’eau, il y jette un pont,& s’épaule du côté des faces desbastions qui llanquent celles des de-mi - tunes.

Dans le premier cas, l’Afliégédoit avoir recours à de fréquentespetites sorties, & construire des ca-poniéres vers les angles des épaulesde l’ouvragg, ce qui en augmentede beaucoup la défense. Dans lesecond cas, il doit aller au - devantdu Mineur par une galerie de eon-tre-Mine , & tâcher de brûler lepont & l’épaulemcnt, en y jettantdes bombes, des grenades, des ba-rils foudroyans, A toutes fortes defeux d’artiíìce.

11 ne faut pas négliger de faireun bon retranchement dans la demi-lune : car de quelque maniéré quel'Knnemi s’y prenne, la brèche de-viendra toujours assez spacieuse,pour être attaqué de front, A fou-rrage , malgré fa bonne défense,courroit risque d’être facilementemporté sans le secours de ce re-tranchement.

Son parapet doit être plus élevéque celui de La demi-lune, le bas de

son fossé bien palissade, & son ter-re-plain garni de plusieurs rangs depalissades, inclinées vers l’Enncmi,& plantées de distance en distancele long du fossé de ce retranche-ment , jusau’aux deux côtés du pa-rapet de la demi-lune.

On y doit travailler de bonneheure, de même qtfà ceux des ba-stions, c’est-à-dire dès lemoment-même que l’Knnemi aura positive-ment fait eonnoître lequel des frontsil fe propose d’attaquer. Différerce travail jusqu’à ce que les ouvra-ges fussent exposés aux boulets, auxbombes, A aux pierres , ou lors-qu’il faudroit songer à en défendrela brèche, autant vaudroit-ilnerienfaire du tout que d’y penser.

Ces sortes de retranchcmens, mé-nagés à propos, causent beaucoupde peine, & de perte aux Affié-geans : ils ne peuvent les détruireque par la mine ou par le canon ;encore faut-il qu’ils soient logés furla brèche.

Ce seroit bien pis si le fossé étoitrempli de bois à briller, entremêléde feux d’artifice, il n’y attroit pourlors ni moyen d’y mettre le pied,ni de subsister dans son logement.Cette défense est la meilleure quel’on puisse imaginer pour les fossésprofonds A étroits, tels que fontceux des demi-lunes, A des placesd’Armes du chemin-couvert. Audilong-tems qu’il y aura de quoi en-tretenir le feu, on peut compter sû-rement que l’Ennemi n’avancerapoint d’un pas, à moins qu’il n’enfasse fous terre, où on fe doit pré-cautionner par des contremines.

Quand le hazard réduit à fe ser-vir des voies ordinaires, on obligel’Ennemi à faire cette déscente de lamême maniéré que celle de la demi-lune. II n’est pas médiocrementtraversé dans son entreprise, s’iltrouve le fond du fossé planté depalissades, des caponiéres à droite& à gauche, couvertes de terre ASb t de