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Tome I.
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leur ôte même la crainte de» mala-dies contagieuses : elle vient en-core de certaines boissons mêléesri’opium, qu’ils appellent Maslacb,par le moyen desquelles ils se met-tent dans une espèce de fureur.

On a vit des Turcs défaits encampagne par des Chrétiens, ou for-cés , se laisser tuer brûler, plutôtque de se rendre. Us font très-obéissans dans l’observation de leursLoix, dans leurs Réglcmens d’ha-biter par chambrées, très-exacts ausilence, à la prière, au respect pourleurs Officiers, & à l’exécution

prompte de leurs ordres.

Ils font sobres dans leur vivre, secontentant de boire de l’eau, demanger du ris & du mouton unefois le jour, & fatiguent beaucoup.Les récompenses sont excessives par-mi eux, & les châtiment atroces.Ils sont persuadés que ces deux cho-ses sont comme les rênes de l’Etat,qu’il'faut de la rigueur pour faireobserver des choses rudes & diffici-les, qu’il faut quelque chose deplus que des louanges pour payerdes actions de valeur.

Pour maintenir la discipline Mi-litaire, il faut user d’une promptejustice, dit Valerc-Maxime. espé-ra fcf a bscisso casìigationii generetnilitaris disciplina indiget. Ce sen-timent est vrai, cependant il a be-soin d’un correctif, & ne doitpoint être poussé trop loin. C’esta un sage Commandant à faire usa-ge à propos du pouvoir qu’il a enmain, pour ne pas irriter le Soldat,& s’en faire haïr, par une sévéritéexercée à contre-tems, ou pour detrop petits sujets.

II faut qu’il suive la conduite quetint Gcrmanicus. Ce Chef fijut parune harangue pathétique, fans lafaire suivre d’aucuns châtimens,apaiser la révolte des Légions de'l ibéré. Aucun ne fut puni, exce-pté deux des plus brouillons entrele» Révoltés, encore ce fut les

coupables qui les sacrifièrent eux-mèmes , pour marque de leurrepentir.

Les Empereurs Galba, Pertinax,& Alexandre-Severe se trouvèrentmal ue ne s’étre pas fait aimer deleurs Trouppes.

Cependant les Romains usoientd’une grande sévérité. Elle nes’cxerçoit pas seulement sur le sou-ple Soldat, elle s’étendoit encorefur les Officiers les plus élevésen dignité.

Manlius & Posthutnius le Dicta-teur, firent mourir leurs fils pouravoir combattu fans attendre l’or-dre du Sénat, quoique ces illustresmalheureux eussent eu l’avantagefur leurs Ennemis.

CLE. Rullianus, Général de laCavalierie, fut battu de verges à latète des Trouppes, après avoirremporté une victoire fur les Samni-tes, parce qu’il n’avoit pas permis-sion de combattre.

Si ces exemples de sévérité pa-rodient être blâmables, tl’histoireen offre d’autrcs où la même sévé-rité se trouvoit exercée, parcequ’elle étoit nécessaire.

C. Titius, autre Général de laCavalierie, s’étant laissé battre enSicile, & ayant rendu les armes àl’Ennemi, le Consul Pison le fit re-vêtir d’un habit déchiré, sans cein-ture , & le condamna pour tout lereste de la campagne à faire le Ser-vice militaire de Fantassin, & à lefaire nuds pieds.

Pour les simples Soldats, leurschâtimens pour les grandes fautesétoient la flagellation & la lapida-tion. Une Sentinelle qui quittoitson poste, un Soldat qui se rebel-lent, un autre qui par lâcheté aban-donnoit ses armes, tous ces cas me-ritoient la mort.

La punition de l’Officier différoitde celle du Soldat, en ce que le pre-mier étoit châtié avec f épée, & quele second l’étoit avec le bâton. Ap-

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