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des Normands , qui désolèrent laFrance sous Louis le Débonnaire &Charles le Chauve, causa le relâ-chement de la discipline Militaire.
Sous la troisième Race, on voitque du tems de Philippe-Augusteceux qui possédoient des Fiefse'toient obliges de se rendre au Ser-vice, fous peine de crime de léze-Majcsté & de félonie. Charles VI.privoit & dégradoit de noblesse lespossédans Fiefs, par le défaut deService. Mais cette dégradationfuppofoit quelque grand crime, com-me la révolte, la trahison, ou quel-que lâcheté insigne.
Dans les tems postérieurs à laChevalerie, la dégradation devintune punition militaire, exercée furun Commandant qui avoit mal fer-\ i l’Etat. Depuis Charles VI. jus-qu'à François I. les punitions ne fu-rent pas fort scveres : on en voitpeu d infamantes. On se conten-toit de faire payer le dommage; &si le Gendarme & le Chevau- Légern'avoit pas de quoi satisfaire, on leprivoit de la solde, il perdoit soncheval & son harnois.
Sous François I. & Fleuri II. lespunitions furent très-feveres. Lerançonnement & le vol étoient pu-nis par la potence, à F égard jmêmedes Gendarmes. Les Passe-volansreconnus pour tels pendus, A leCapitaine cassé. Les blasphéma-teurs, attachés au carcan pendantsix heures. La désertion du côtéde PEnnemi, punie sous FrançoisI. comme crime de léze-Majcsté, &fous Henri II. la simple désertionpunie du dernier suplice.
Les Guerres civiles qui suivirentla mort de ce Prince ramenèrent ledérèglement dans les Trouppes, &jusqu’au tems que Louis XIV. régnapar lui-même, la discipline Militai-re fut mal observée. Aujourd’huila désertion est punie de mort. Lefouet, l'estrapade, les verges, laprison, sont les punitions qui font
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en usage pour les moindres fautes.II y a des Corps où l’on ne punitjamais de peines infamantes, qu’onne casse & chaise de la Compagniele Soldat fur qui s’exerce le châti-ment ignominieux.
Rien n’est plus beau que la disci-pline qui s’observe dans les Ecolesd’Artillerie. II est vrai que commeelle ne peut être trop exacte , parceque la moindre faute peut être dela dernière importance, & traver-ser quelquefois de grands desseins,lesCommandans y tiennent la mainfans aucun relâche.
Ils imposent des peines aux jeu-nes-gens qui manquent à leur de-voir. Ils rendent compte au Dire-cteur & à l’Iní’pecteur de leur Dé-partement, de i’application .& duprogrès de chaque Officier, commeaufli de ceux qui négligent de s’in-struire ; a tin que fur le rapportqui en est fait, les uns soient ré-compensés & les autres punis, jus-qu a perdre leur Emploi, quand ilsfont indociles, & qu’ii n’y a plusd’espérancc de les ramener à leurdevoir.
Quant à la discipline qui s'observeparmi les Trouppes dans les Camps,on en peut juger par la belle instru-ction que le Roi donna à M. leComte de Belle-Isle, aujourd’huiMaréchal de France, que Sa Maje-sté avoit choisi en 1752. pour com-mander un Camp de Cavallerie, deDragons & d’Infanterie, aux envi-rons de Richement fur la Moselle.,
Quoique ce Camp ne fût dresseque pour l’exercice des Trouppes,la discipline que S. M. y íìt obser-ver, doit faire juger de celle quis’observe aujourd’hui dans nosCamps & nos Armées. Qu’on liseles Ordonnances de Louis XIV. &de Louis XV. à ce sujet, je douteque les Romains ayent fait de plusbeaux Réglemens.
S’il y a des Réglemens pour lesTrouppes qui font campées & ran-gées