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Tome II.
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& les contributions qu’elle pourratirer du pays ennemi.

On divise les Ingénieurs par Bri-gades, & les Directeurs font ordi-nairement Brigadiers. L’emploi desIngénieurs est de faire tout ce quele Commissaire General leur com-mande, soit à l’attaque, à la défen-se, ou à la construction d’une Pla-ce, ou de quelque autre ouvrage,qui puisse servir à la sûreté du Camp,à de faire fabriquer les instruinens<k machines nécessaires pour un siè-ge. 11s rendent compte toutes lessemaines au Directeur de l’Etat desTravaux, donnent des mandemensfur le Trésorier pour fournir deP argent aux Entrepreneurs à pro-portion de l’ouvrage, qu’ils ont faitfaire, & c est à eux à veiller à ceque les Entrepreneurs fournissent debons matériaux.

Les Ingénieurs ont d’appointe-niens depuis vingt écus par moisjufqu’à cent, selon le teins de ser-vice , le mérite, & le poste, où estplacé P Ingénieur. Le Surintendantdes Fortifications reçoit les Ingé-nieurs après les avoir fait examinerpar un Professeur de Mathématiques.On a d’autant plus d’empreífementd’etitrer dans ce corps, qu’on y faitson chemin, & que M. de Vaubana été fait Maréchal de France.

Quand dans un siège il manquedes Ingénieurs en second, on prenddes Lieutenans, & des Soulieute-nans d’Infanterie, qui font les fon-ctions d’Iufpecteurs fur les ouvra-ges, tiennent la main à ce que lesOuvriers remplissent leur devoir, &on leur donne dix écus par mois,c’est le prémier pas pour devenirIngénieur. Les Fortifications duRoyaume font dirigées par z;o. In-génieurs du Roi, qui étoient sub-ordonnés à M. le Maréchal d’As-feld en qualité de Directeur Géné-ral, c’étoit à lui à qui tout ce quirégarde la Fortification étoit adres-sé, & c’étoit par lui que partoient

tous les ordres du Roi concernantles Places & les Ingénieurs. De-puis fa mort la Charge de DirecteurGénéral des Fortifications n’est pointremplie.

II y a beaucoup d’Ingénieurs quine s’appliquent pas assez à purger latranchée d’une infinité de fautes quis’y commettent. En cela ils fonttrès-blamables. Ce que l’on peutdire pour leur décharge, est que cet-te science demande beaucoup decœur, beaucoup d’esprit, un génietrès-solide, & outre cela une étudeperpétuelle, & une expérience con-sommée sur les principales partiesde la guerre. Mais si la naturerassemble très - rarement ces troispre'mieres qualités dans un seul hom-me, il est encore plus extraordi-naire d’en voir échaper à la violen-ce des sièges, qui puissent vivre as-sez pour pouvoir acquérir les deuxautres.

Cela supposé, on ne doit pas bé-tonner , si parmi tant de gens, quise croient Ingénieurs , ou qui se ledisent, on en trouve si peu d’habi-les, & qui le soient effectivement.Le métier est grand & très - noble ;mais il mérite une génie fait ex-près , & l’application continuelle deplusieurs années : & c’est en quoi

la nature & la vigueur de nos siè-ges s’accordent très - rarement. Di-sons de plus qu’il y a peu de gens,qui se proposent de faire ce métiertoute leur vie.

Un homme d’esprit, qui a del’am-bition, porte ordinairement ses pen-sées plus loin, & à un état pluscommode, & ne le considéré quecomme un moyen de lui faciliterl’entre'e à des Charges plus élevées.Outre que cet Emploi, qui deman-de un grand fonds de capacité pourpouvoir s’y distinguer, est très-dangereux, & très-pénible, & il esttrès-facile de s’en rebuter.

Ajoutons qu’il n’est pas aisé auxIngénieurs de persuader les gens en

faveur