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périls & nous les rend tout-à-faitméprisables. Cette définition meparoît plus juste.
Si on vouloir louer un Amilcar,un Sertorius, un Gustave Adolphe,un Coudé, un Turenne, & quel-ques autres grands Capitaines quiont entrepris les choses les plusdifficiles, on diroit que ces grandshommes ne manquoient en riende cette intréyiduc éclairée, quinous conserve libres & tranquillesdans les grands dangers, qui mar-che avec connoifiance à l’exécutiondes entreprises les plus hérisséesde difficultés, qui paroissiens mêmetéméraires & insurmontables auxesprits & aux courages médiocres& dont elle vient à bout , bienmoins par la force & par le nom-bre que par la science & la gran-deur du génie de celui qui en estorné, & par les ressources qu’iltrouve en lui-même.
On dit qu’uii Général est iûtré-pide & déterminé, lorsqu’avec desforces très - au - dessous de cellesde son Ennemi, & le désavantagedes lieux , il va le combattre <&l’attaquer de droit front, & le bat.Cette hardiesse surprend & étonne,& chacun tombe en admiration.Si l’on voit un Général à la têted’une petite Armée contre uneautre, qui lui oppose le nombre& la force en tout, & que le pre-mier par des mouvemens bien con-certés fe serve de ('avantage despostes & rende tous ses desseinsinutiles dans le teins qu’un autren’oseroit paraître en campagne,c’est la conduite d’un grand Capi-taine & non pas d’un homme in-trépide , parce que son habiletéapplanit les plus grands obstacles& les rend très - praticables.
S’il se trouve dans un avantageégal de terrein , ou s’il sc voitdans la nécessité de hasarder uneaffaire, il ira hardiment au - devantde son Ennemi, fondé fur son ha-Di&. Milit. Tom. IL
bileté & la bonté de son ordre debataille, fin, rusé & profond, ill’attaquera & remportera la viétòi-re, non par un plus grand couragecontre un moindre , ni par uneffet du hazard, mais par ia scien-ce, par P adresse, & par un plusgrand art dans fa tactique. Pcut-on dire qu’un Général ne fçauroitsc conduire de la forte fans unetrès-grande intrépidité. Ce scroittrès-mal le loiier, c’est plutôt unhomme comageux qui ne bazarderien contre les lumières de fa pru-dence. C’est tin grand homme, ungrand Capitaine, que les difficultésencouragent loin de le rebuter, &dont l’étenduë & la pénétrationlui fournissent une infinité de ru-ses & de ressources pour exécuterce que les autres croient impossible.
L’intrépidite est vive & impé-tueuse & très - opposée à la lenteursans être trop éclairée. Si elle estaccompagnée de beaucoup d’esprit,elle est ordinairement imprudente& sans refiéxion , parce qu’elle esttrop bouillante & trop emportée.Rarement elle sc trouve jointe àtoutes les qualités des hommes dupremier ordre. II s’en est vu deceux-ci qui ont été très- intrépides,mais d’une intrépidité prudente Ôcéclairée. On peut mettre aunombre de ces grands hommesAlexandre le Grand, & CharlesXII. Roi de Suede , & Henri IV.S’ils sc font égarés quelquefois,c’est à cette intrépidité trop allumée& trop emportée dans certainesoccasions, qu’ils ont du en attri-buer la cause.
INVALIDE est un homme deguerre estropié dans les occasionsglorieuses, qui Pont rendu incapa-ble du service. Avant la con-struction de l’Hòtel des Invalides,tous les Soldats estropiés avoientordre de se rendre dans les PlacesFrontières de Picardie, de Cham-pagne, & des Evêchés de Metz,0 Toul