Band 
Tome II.
Seite
123-124
JPEG-Download
 

12 }

L A R

L A R

124

gueur du tiers dn Cartouche ; i’airqui se dilate dans le trou de la bro-che les agite beaucoup. On donneplus de force au Cartouche que l’onfait ordinairement de trois cartes, &du calibre de deux ; on en faitparticulièrement usage pour lesPots à aigrette que l’on en garnit.

LARGE, courir au large, femettre au large, c’est en terme deMarine, s’éloigner de la cote, oude quelque Vaisseau. 8’élever, &tirer à la mer, signifie la mêmechoie. Arriver, ranger la cote,courir terre à terre, signifie lecontraire.

LARGE : on construit unVaisseau plus large par Pavant, quepar barrière, parce que s’il étoítplus large par barrière, il ne fen-tiroit pas assez son gouvernail, ôc ilferoit un trop long sillage, ce quiretarderait fou cours. Outre celaun sillage large fait baisser beau,en forte qu’elle ne donne presque pascontre le gouvernail, Ôc outre quecela empêche l’esset du gouvernail,le Vaisseau en est auslì beaucoupplus sujet à rouler vers barrière.C’est ordinairement à un tiers de lalongueur du Vaisseau, à prendrede í’étrave en allant vers barrière,qu’est fa plus grande largeur ; Òcdepuis cet endroit jufqu’à barrière,qu'il va en rétrécissant, le sillage ferétrécit auslì peu à peu, ôc beautombant doucement donne une airefacile au Vaisseau.

Si bon plaqoit la plus grande lar-geur du Vaisseau plus vers bavant,il ne couperoit pas assez beau. Lesexpériences qu’on en a faites, ontétabli cette régie, que la plus gran-de largeur d’un Bâtiment doit êtreau tiers de fa longueur à prendre debavant. O ailleurs on peut inférer,en faisant attention sur les poutres,qu’on met flotter, que pour rendremeilleur le sillage d on Vaisseau, ilest bon qu’il ait bépaisseur à sonavant.

Les Bâtimens qui font trop lar-ges, ne fe portent pas bien à lamer, ôc roulent beaucoup. La rai-son en est, qu’étant durs ôc ne femaniant pas bien ils résistent à lalame qui les agite, & les fait com-me trembler par une efpéce de lut-te, au-lieu que les Vaisseaux étroits,fe maniant facilement obéislent à lalame, Ôc montent Sc descendentavec elle fans rouler beaucoup. Ona pris garde que bien des mâts ontpenché en bas, & fait carguer delarges Vaisseaux, pendant qu’il yavoit proche d’eux d’autres mâts demême mesure, sur des Bâtimensplus étroits, qui demeuroient droitsÔc fans pencher. Plus les Vaisseauxfont longs, plus il faut qu’il-soientlarges par proue, parce que lesVaisseaux longs ayant plus d’aire,les coups de mer donnent plus ru-dement contre leur avant, à quoiun avant foible ôc étroit ne pour-roit pas résister.

II y a des Charpentiers , quiétablissent que la largeur d’un Vais-seau en son gros, doit être de lasixième partie de fa longueur de feu-trée à l’étambord, à prendre de de-hors en dehors.

LARGUE, vent largue, ouvent de quartier. Sur mer on en-tend par ce mot tous les airs de ventde bouline, ôc le demi-rhumb, qui ap-proche le plus du vent arriéré. Parexemple, la route étant d’Ouest, levent d’Est fera le vent arriéré, ôcles vents de Nord-Nord-Ouest, ôc leSud-Sud-Ouest seront les vents debouline : ainsi tous les autres airsde vent compris de part & d’autre,depuis ces deux derniers vents juf-qu’à ceux d’Est-Nord-Est & d’Est-Stid-Est seront ceux qu’on appelleravent largue ou vent de quartier, caron comprend même sous le ventlargue le vent de grasse bouline.

Le vent largue est le plus favo-rable de tous pour le sillage du Vais-seau, ôc un Bâtiment avance bien

plus