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On nommoit Muscuìet de petitesmachines sous lesquelles les Assié-geans consolaient le folle de laPlace avec des pierres, de la terre,& des fascines qu’iis y portaient.Elles consolidaient & applanifl’oientle terrein, a lin que les Tours am-bulantes pussent approcher de lamuraille fans- obítades. On lesappelloit Muscuìet, du nom d’unpetit poisson de mer.
Comme ce paillon sert de guideaux Baleines, & leur est continuel-lement utile maigre' la petitesse,de même ces petites machines de-stinées au service des grandesTours , marchaient devant ellespour leur ouvrir le passage, &leur frayer les chemins.
Les Tours étoient de grands bâti-mens assemblés avec des poutres& des madriers, & revêtus avecsoin de peaux crues ou de couver-tures de laine, pour garantir unsi grand ouvrage des feux des En-nemis. Leur largeur fe propor-tionnoit fur la hauteur, quelquefoiselles avoient trente pieds en quarté,quelquefois quarante ou cinquan-te ; mais leur hauteur excédois lesmurs & les tours de pierre lesplus élevées.
Elles étoient montées avec artfur plusieurs roues , dont le jeufaisoit mouvoir ces prodigieusesmasses. La place étoit dans undanger évident, quand la Tourétoit une fois jointe aux murailles.Ses étages fe communiquaient endedans par des échelles, & ellerenformoit disserentes machinesÀ pour prendre la Ville.
Dans le bas étage étoit un Belierpour battre en brèche. Le milieui contenait un pont fait de deux
membrures, & garni d’un parapetde clayonnage. Ce pont poussé endehors fe plaçoit tout d’un coupentre la Tour & le haut du mur,& faisoit un passage aux Soldatspour fe jetter dans la Place. Le
haut de la Tour étoit encorebordé de combattans armés delongs épieux, de flèches, de traitsÒc de pierres, pour nettoyer lesremparts. Dès qu’on étoit venu-l.ì,la Place étoit bientôt prise.
Les Tours une fois jointes auxmurailles, les Frondeurs avec lespierres, les Archers, les Manuba-listains, les Arbalétriers avec desflèches, à en général les gens detraits à coups de plombées, &d’autres Armes de jet, délogeoientles Assiégés du rempart, & aussi-tôt on dressait les échelles. Maisils étoient souvent précipités duhaut en bas.
Les Assiégeans fe servaient aussid’autres moyens pour emporterune Place. C’étoient la Harpe, ouPont à cordes; YExoJì're, ou Pontà coulisses, & le Tolltnon, ouBascule.
La Harpe étoit une efpéce dePont levis, ainsi appellé de fa res-semblance avec Plnstrument de cenom. Ce Pont de membruresappliqué perpendiculairement con-tre la Tour, avait comme la Harpedes cordes qui l’abaissoient fur lemur par le moyen des poulies, &aussi-tôt des Soldats sortoient dela Tour pour fe jetter fur lesremparts par ce passage.
UExoJìre étoit ce même Pontdont on a parlé plus haut, qu’onpoussait en avant du corps de laTour fur la muraille.
Le Tollenon étoit une basculefaite avec deux grandes pièces debois, l’une plantée bien avant enterre , & l’autre qui étoit pluslongue , attachée en travers ausommet de la prémiere, & dans untel point d’équilibre, qu’en abais-sant une de ses extrémités l’autres’élevoit. On attachait à l’un desbouts de cette poutre une efpécede caisse d’olìer ou de bois, oùl’on mettait une poignée de Sol-dats, & en abaissant l’autre bout
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