Band 
Tome II.
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295-296
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Général. Inattention d’un Mejìre-de-Camp , doit être que les Compa-gnies soient complettes, que les Ca-valiers soient bien fournis d’armes,& des autres choses qui leur fontnécessaires, que les chevaux soientbons, & de la taille qu’il les faut ;il ordonne les gardes, les fait chan-ger & relever. Des gens de guerredonnent le nom de Colonel su chefd’un Régiment de Cavallerie.

Sous Louis XIII. on eût parlé fortimproprement de donner le nom c'eColonel à un MeJtre-de-Camp. LesMeJtres-de-Camp autrefois avoientd’autres fonctions, que celles d’au-jourd’hui : leur emploi étoit d’af-ligner dans un Camp les quartiersaux Bandes ou Compagnies, quicomposent un Corps de Trouppcs,après avoir pris Tordre du Maré-chal-de-Camp. Sous François I.plusieurs Bandes dans une Armée,mises en Corps, étoient comman-dées par un Officier, qui portoit letitre de Maréchal-dc-Camp ; maisquand François I. eut institué lesLégions, ceux qui les comman-doient, eurent le titre de Colonel.

Comme Henri II. mit fur piedquelques Régimensd’Infaníerie, encréant auífi des Légions, les chefsde quelques-uns de ces Re'ginienseurent le titre de Colonels, & fousCharles IX. en 156g. ce titre leur futòté, & ils eurent celui de Mejìre-de-Camp : ainsi le titre de Mejîre-de-Camp fut affecté aux chefs des Régi-inens d’Infanteric, comme à ceuxdes Régimens de Cavallerie.

Mais il faut fçavoir que depuisHenri II. qu’il y a eu des Mestres-de-Camp , ces sortes des Officiersfaifoient dans les Armées toutes lesfonctions que font aujourd’hui lesLieutenans-Généraux, les Mare-chaux-de-Camp, les Brigadiers d’Ar-niée, les Sergens Majors de Bataille.Ils étoient même Commissaires auxgrandes Revues ; c’est-à-dire In-specteurs.

Mais comme ils ne faifoient cessouciions que par Commiffion, oupour une Campagne seulement ;c’est delà qu’ils ne prenoient que ra-rement les titres qu’ils auroient eudroit de prendre, s’ils avoient eudes Brevets d’héréditê de ces titres.

Je pense qu’ils auroient préféréde porter par préférence à leur titreréel de Mestre-de-Camp, ceux deleur Commiffion, s’ils eussent puprévoir que ce qu’ils n’éxerçoientqu’accidentellement , deviendroitpar la fuite des Grades plus excel-lens que ceux dont ils c'toient revê-tus. Ainsi la Commiffion de Maré-chal-de-Camp, donné à un de cesMestres-de-Camp, n’étant qu’unechose passagère ; ce n’est donc quepar hazard que dans un récit histo-rique, il est qualifié de Maréchal-de-Camp, puifqu’il ne l’étoit quependant six mois, & qu’au bout dece tems, il ne lui restoit d’autrequalité que la sienne ordinaire deMestre-de-Camp.

Quand la charge de Colonel-Gé-ne'ral de TInfanterie Françoise futsupprimée par Louis XIV. les Com-mandans des Régimens d’Infanteriereprirent le titre de Colonels, &celui de Mestre-de-Camp resta à ceuxde la Cavallerie : nom qui ne con-vient pas mieux aux Commandansdes Régimens de Cavallerie, qu’auxCommandans des Régimens d’Infan-terie, puisque la fonction de dépar-tir les camps, & les logemens desCompagnies dans le campement,n’est plus la fonction de ceux qu’onappelle aujourd’hui Mestre-de-Camp.II y a des Mestres-de-Camp en pied,dont le Régiment est fur pied, desMestres-de-Camp réformés, dont leRégiment a été réformé, & desMejtres - de - Camp de commiffion,c’est-à-dire, qui en ont la commis-sion , sans avoir, ou fans avoir eude Régimens.

MESTRE ou grand mât, estun mot levantin, pour dire le

grand