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Tome II.
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nel, des Commandans des Batail-lons & des Capitaines qui menentles ailes, du même que pour un jourde combat.

MONTER un Vaisseau, c’estêtre embarque' dans un Vaisseau.

MONTER au vent, ou gagnerle vent. Voyez VENT.

MONTER, est passer d’uneCharge à une plus grande. Par exem-ple de Cornette ou d’Enscigne deve-nir Lieutenant, de Lieutenant Ca-pitaine , de Capitaine d’une dernie-re Compagnie monter à lapre'miere,& ainsi des autres.

MONT-JOIE-SAI NT-D E-NIS, e'toit le cri d’armes des Fran-çois, qui commença fous Ic régnede Louis le Gros.

Bien des Auteurs ont voulu ex-pliquer le mot de mont-joie, quidans l’acclamation militaire des Fran-çois précédoit le nom du Patron.Du Cange & Cafeneuve, font ceuxqui ont le mieux pensé fur la vraiesignification de ce mot mont-ju'ie, endisant qu’il est fait pour expliqueren vieux François un lieu élevé.Mais M. Beneton, Auteur du Com-mentaire fur les Enseignes, nousen donne une ample & curieuse ex-plication.

„ Quand un Chef de guerre, dit-„il, mourois au milieu de son„Camp, le corps étoit mis d’abord„dans une fosse, avec toutes les cé-rémonies qui s’obfervoient en pa-„reilcas, ensuite chaque Soldat por-„toit de la terre pour recouvrir la„fosse, & cela formoit une petite„éminence, qui devenoit haute à,,proportion que l’Armée qui en-„terroit, étoit plus ou moins nom-„breufe.

„La Suéde, l’Allemagne, la Flan-„dre, & même la France, font des„Pays encore remplis de monticules„artificielles, qui s’appelloient de„dissérens noms, entr’autres de ce-„lui de mont-joie. On les appelle„encore des tombes. L’intentionDict. Mìlit, Tom. II.

„de ceux qui les ont faites a été de„!es faire servir à marquer un lieu„digne d’être connu, tant par ce qu’il,,contient, que par ce qui est arrivé„autour de lui.

,,Les Romains construisoient aussi„des mottes de terres fur les tom-„bcaux des personnes considérables,„ils les nontmoient Aggeret. Vir-„gile dit dans un des Livres de son,,Aeneïde, Aggero com'.ojtto tumuli,„& dans un autre, Terrer.o ex ag-„gere bujìum. Les phares qui font„sur les bords de la mer, dc toutes„autres marques propres à fixer la„position de quelque lieu, font des„monts-jo’ie.

„Les Anciens dans l’espérance„d’une autre vie, souhaitoient à„leurs morts, qu’ils reposassent en,,paix & en joie, ce qu’ils expri-„moient par le terme Ainsi

,,un tombeau en montagne étoit un,, mont-joie , & un témoignage que„les Anciens se faisoient de rendre„avec éclat les honneurs de lasépul-,,titre aux Illustres d’entr’eux.

,,Quant aux monts-joie des Gaules,„il est certjin qu’on en élevoit toû-,,jours fur les sépultures des per-sonnes de considération. Mais le„travail fur cela étoit proportionné,,à la puissance de ceux pour qui on„les faisoit. Les hauts monn-jo'ie,„foit de terre, soit de pierre,„étoient pour les Souverains. Pour„les autres personnes, onsceonten-„toit de marquer leur sépulture, par„une grosse pierre, ou par une en-ceinte de pieux.

„Les prémiers Chrétiens, qui vi-,,voient dans la simplicité, & au mi-,,lieu des persécutions, marquoient,,leurs tombeaux le moins visible-„ment qu’ils pouvoient. Mais on,,11’oublia pas de mettre une marque„dans le champ qui contenoit le„corps de S. Denis & de ses deux„Compagnons. Elle fut suffisante„pour le dessein qu’avoient ceux, ; qui la poserent, qui étoit de ren-I. „fer-