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Tome II.
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on a besoin, de leur prix, poids,mesure, & de leur conversion enfarine & en pain, des voitures qu’ilfaut pour les transporter dans lesmagasins les plus avances, de Indé-pensé pour Tâchât des sacs & desustensiles, pour le payement de lauantité de Commis, qui reçoiventes appointemens considérables,pour les faux frais, dont une partieest connue, & Tautre qu’il est im-possible de prévoir.

Comme il est de la prudence dene pas confier le service du Roi &des sommes considérables à des su-jets douteux, ou peu capables des’en bien acquitter, il est de la pru-dence d’un Munitionnaire de con-noítre parfaitement ses Commis.„Je sçai qu’on est quelquefois pres-„sé, dit M. Nodot, par certaines,,considérations, de donner de Tcm-„ploi à ces sortes de gens, mais il„faut suivre encore dans cette occa-„sion Texemple de feu M. Jacquier,,,qui payoit des appointemens à ces,,Commis de faveur, & ne leur don-„noit aucun exercice, persuadé,,qu’il étoit de gagner beaucoup plus„en les payant pour ne rien faire,„qu’en les mettant en état de ruiner„scs affaires, car en fait de muni-tion un Commis ignorant est fu-„neste à ses Maîtres. 44

Un Munitionnaire doit donc étu-dier avec foin le caractère de tousses employés, leur naissance, leursmœurs, les commissions qu’ils ontexercées, & de quelle maniéré ilss’en font acquittés. Cette connois-sance est d’autant plus nécessaire,qu’on est en usage dans les vivresde ne prendre de cautions que desCaissiers.

Une des principales vues du Mu-nitionnaire estant d’establir son créditdans tous les lieux où ses affairess’éfendent, il en cherche les mo-yens. Comme le Roi a des maga-sins de bled dans toutes les Places deguerre, on lésait employer par le

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Munitionnaire , afin de ne 'pas lelaisser vieillir, & il en remplaceles mêmes quantités, quand le sienest voituré.

Les fournitures des vivres pourtoutes les Armées s’étendent si loinque les Munitionnaire s ont commer-ce dans toutes les Provinces du Ro-yaume , & que ce commerce y porteplusieurs millions pour payer lesachats, & leurs voitures, ainsi ilsont affaire à mille & mille gens,avec lesquels ils peuvent avoir descontestations.

II n’y a point de.Général d’Arméequi ne soit persuadé dePimportancequ’il y a d’avoir un habile Muni-tionnaire pour faire subsister lesTrouppes. M. deTurcnne, quipeut servir d’exemple à tous les Gé-néraux , régardoit M. Jacquier com-me son homme de confiance, & con-venant avec lui de tout ce qui seprésentoit à faire pour la munition,il lui demandoit avis dans les des-seins qu’il projettoit.

En effet un Général, qui veutêtre bien servi, doit se confier auMunitionnaire pour ce qui regardeles vivres. Lorsqu’il en use ainsi,il est assuré que le Soldat aura tou-jours pour quatre jours de pain dansson havresac, que la même quanti-té sera dans les caissons , & qu’ils’en trouvera encore un bon nom-bre en levains, en cas qu’il soit be-soin de lever un travail pour enétablir un autre.

Quand un Munitionnaire est con-tinué dans son traité, (lequel trai-té se renouvelle ordinairement tousles ans) il songe à ses achats degrains & d’avoines, choisissant bienle pays, d’où il les tirera, à meil-leur marché, la voiture comprise,car toute supplication du Munition-naire consiste à faire acheter à bonmarché, & à éviter les faux fraisautant qu’il le peut.

S’il est obligé de quitter soit parla paix, soit parce qu’un autre aura

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