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Tome II.
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mime Corps avec eux à l’exceptiondn Commandant seul qui peut dé-border d’un pas son Bataillon pouren voir la droite & la gauche,ensorte que le Bataillon soit fraizéd’Officiers & de Sergens, qui con-tiennent entre eux le Corps desSoldats.

Les Officiers expérimentés doi-vent avoir remarqué dans plusieursoccasions que le désordre qui semet dans les Bataillons ne provientle plus souvent que par le bruitque font la plupart des Officiers,qui voulant se piquer de marcheren avant óc d’exciter les Soldats àles suivre par des discours auda-cieux , marchent fans ordre & par-lent si haut qu’on ne s’entend plus,c’est une faute considérable. Pour1 éviter on doit obliger les Offi-ciers à se tenir dans le rang desSoldats â à les y contenir fanscrier : cc qu’ils font facilement,pourvu qu’ils y ayent été souventexercés, observant de mettre leurattention à écouter tous les com-mandcmens qui leur font faits,pour les exécuter avec promptitu-de , asin d’arriver en bon ordre ócen force fur l’Ennemi.

On doit marcher à l’Ennemi lesarmes fur l’épuule, bayonnette aubout du fusil, les Tambours bat-tant aux champs, jusqu’à trois censpas ou environ, Òc lorsqu’on està cette distance, l’on sait le com-mandement de fusil sur le bras :alors la coutume est de faire bat-tre la charge , mais souvent en cecas les Tambours font plus embar-rassans qu’utiles ; ensorte qu’onpeut les faire cesser de battre, asinque l’on puisse observer un assezgrand silence pour entendre tousles commandetnens, que le Com-mandant ou le Major font: pourlors on doit animer fa Trouppeen la faisant marcher d’un pas unpeu vif à l’Ennemi, essuyant sonfeu autant qu’il est possible, sans

tirer un seul coup. C’est la meil-leure maxime & la plus certainepour combattre avec avantage.Ainsi c’est ce qu’il faut s’efforcerde mettre dans l’esprit du Soldat.Inexpérience a souvent fait voirque le mouvement naturel des Sol-dats d’un Bataillon qui s’est dé-garni de son feu, est de s’arréterd’abord pour recharger : si dans ceteins l’Ennemi continué de marcherà lui & le charge, il est presquecertain que les Soldats se trou-vant affoiblis de leur feu, recu-lent , sc mettent en désordre &souvent prennent la fuite, malgréla bravoure de leurs Officiers,qui sont obligés de sc sacri-fier pour soutenir seuls l’essorsde l’Ennemi.

Inattention des Officiers doitdonc être d’etnpêcher les Soldatsde tirer; c’est ce que le Major nessauroit assez leur recommander, &pour leur en donner moins d’occa-sion, il faut éviter de leur faireprésenter les armes, ni de leurfaire faire aucun mouvement quiles mette en état de tirer sens com-mandement, ce qu’il ne faut fairefaire qu’à bout touchant: néan-moins on est quelquefois obligéde faire tirer quelque peloton,soit en marchant ou de pied fer-me , ou même le dernier rang enentier en faisant mettre genou enterre aux trois premiers pour s’enservir les uns après les autres,soit pour gagner du terrein, soitpour sc retirer. Mais c’est atiCommandant à juger de ce qu’ila à faire faire selon Poccasion.

Une chose à laquelle il faut queles Majors redoublent d’attention,c’est de mettre dans l’esprit desOfficiers que quand ils sont à latête ou à la queue de leur Ba-taillon , ils doivent toujours s’ali-gner en observant que la droite& la gauche jettent un coup d’œil