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Tome II.
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sieurs vents, qui souflant tantôtd’un côté & tantôt d’un autre, élè-vent des flots prodigieux qui se bri-sent les uns contre les autres. Cesouragans n’arrivoient autrefois quede sept ans en sept ans, mais depuisils ont été plus fréquens. Ils arri-vent ordinairement depuis le vingtou vingt-cinq de Juillet jusqu’auquinze Octobre dans les Isles An-tilles. Quand l’ouragan doit venir, lamer devient d’ordinaire tout à coupauíli unie qu’une glace, fans faireparoître le moindre soulèvement deses eaux fur la surface, après quoiPair s ! obscurcit, & s’étant rempli detoutes parts d’épais nuages, il s’en-flamme & s’entr’ouvre de tous cô-tés par d’effroyables éclairs, qui du-rent assez iong-tems, & qui sontsuivis des accidens les plus affreux.Ceux qui sont alors mouillés dansles rades doivent appareiller au plu-tôt & s’éloigner des terres pourlaisser passer la fureur de f ou-ragan, en fe laissant dériver aprèsavoir mis leur mât de hune &leurs vergues bas. Les Habitansdes Isles Antilles se retirent pen-dant l’ouragan dans de petites caba-nes bâties fur le modèle de cellesdes Caraïbes : car on a remarquépar expérience que ces petites hunesde figure ronde qui n’ont pointd’autrc ouverture que la porte, &dont les chevrons touchent la terre,sont ordinairement épargnées pen-dant que les maisons élevées fontrenversées.

OURS, ou ourse, terme de ma-rine , est un cordage particulier dePartimon, pour servir de bras à favergue. 11 est garni d’un croc parun bout, asin de saisir l’étroppeamaré à Pextremité de la vergue.

OUTILS : c’est tout instru-ment dont les Artisans se serventpour Pexécution manuelle de leursouvrages. Les Charpentiers de Na-vire en ont de diverses sortes dontla plupart sont mentionnés suivant

leur rang. 11 y a ausli beaucoupd’outils dans P Artillerie dont j’aiaussi parlé.

II y a dans chaque Compagnie,fans en excepter celle des Grena-diers , un nombre d’outils, dont lesdeux tiers sont propres à remuer laterre, & les autres tranchans. Cesoutils sont portés à la bandoulièredes fournimens 011 à une autre par-ticulière. Les Soldats de chaquechambrée, par une Ordonnance dtiRoi du 1 . Octobre les portent tourà tour, & ils sont obligés de les te-nir en bon état. Ces outils serventdans le besoin à se retrancher, fairedes fascines, couper des palissades,enfoncer des portes.

Les outils dont on fe sert dans lessièges, sont pics boyaux, pics à roc,pioches simples, pelles de fer, bê-ches communes, feuilles de sauge,pelles de bois, ferrées & non fer-rées, tSc lochets de Flandre.

Ces derniers sont les meilleurs detous en bon terrein, comme est ce-lui des Pays Bas, rarement sont-ilsbons ailleurs, parce que le plus sou-vent les terres sont dures, & mê-lées de tuf, cailloux, & pierraillesoù ils ne sont pas d’un bon usage.

Les pics-hoyaux qui ont une pio-che d’un côté, óc une pointe del’autre, sont bons, mêlés parmi lestranchés ou les pioches communes.

Les pelles de fer, appelléesétou-pes, ne sont pas mauvaises quandelles ont une bonne douille &qu’elles sont bien emmanchées.

Les bêches un peu longues quis’enfoncent dans la terre avec lepied sont fort bonnes, parce qu’el-les enlèvent la terre, & font l’ex-cavation d’un même coup.

Les pelles de bois ferrées sont uti-les, parce qu’elles prennent beau-coup de terre à la fois, mais ellesfe cassent facilement.

Les moindres de toutes sont lespelles de bois non ferrées, parcequ’elles sont très-cavantes óc de peu

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