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Tome II.
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PLACE marécageuse : on forti-fie à peu de frais une Place maré-cageuse. II n’y faut point une for-te Garnison. Ses fortifications fontdifficiles à faire sauter en Pair.L’Ennemi n’en peut approcherqu’en s’exposant d’y périr. Maisdans une Place marécageuse toutdoit être piloté, & les désavanta-ges qu'elle a, font qu’il est prèf-qu’impolsible de la secourir.

Les sorties en font ordinairementinfructueuses. L’air y est toujoursmal sain, ce qui cause de fréquen-tes maladies. L’eau y est toutegâtée. Enfin ces sortes de lieuxpeuvent être attaqués, fans perdregrand monde, quand on attendles gelées.

Si une Place est tellement envi-ronnée de marais, qu’on ne lapuisl'e aborder que par des chauf-fées , on examine pour en faire lesiège, si ces marais ont quelqueécoulement, & alors on ne man-que pas de les dessécher tant qu’onpeut; c’est-à-dire en tout, ou enpartie , & d’en détourner en

même tems les eaux qui les for-ment & les entretiennent , soitruisseaux ou rivières, ce qui sedoit faire dès le commencementdu siège, & se fait assez facile-ment en Pays plat.

Mais fi tout cela ne suffit pas,& qu’on n’en puisse venir à bout,il faut s’y prendre d’une autre fa-çon, & tâcher (saborder la Placepar des chaussées. En ce cas on enexamine la largeur, l’élévation au-dessus du Marais & le terrein secde leur droite éc de leur gauche,qui les borde, & sur-tout si ceschaussées font enfilées de la Placeen tout ou en partie.

Si les chaussées n’ont d’éléva-tion que celle qui est nécessaire audessèchement des chemins, c’est-à-dire presque au niveau du Marais,cela ne vaut rien, parce qu’on ne sepeut enfoncer sans trouver l’eau.

Si la chaussée est étroite, commede deux toises ou au dessous, &enfilée, elle ne vaut rien non plus,parce qu’on ne s’y peut conduirepar détours.

Si elle n’est point accompagnéeà droite ou à gauche de quelquesterreins secs, qui puissent servir àplacer du canon, il n’y a pas moyende rien faire.

Mais si la chaussée étoit de ;. 6.à 7. toises de large , fur z. 4. à ;.pieds de haut, avec de bons talusdes deux côtés; s’il y avoit quel-que terrein aux environs, élevéd’un , de deux ou de trois piedsau-dessus de la superficie du ma-rais, & fi plusieurs autres chausséespareilles concourent à la mêmeavenue, on peut s’en servir fautede mieux.

II faut d’ailleurs examiner oùl’on peut placer les batteries à ri-cochets & à bombes ; si c’est àdroite & à gauche des chaussées,& le plus loin qu’il se peut, pourn’en embarrasser la tranchée quele moins qu’il est possible. Si leterrein est si ingrat qu’on ne puiííetrouver où les mettre, on les placesur les chaussées, en les faisant àredans.

. Le siège de Mons a été uneespèce de composé de tout cela.Car on détourna la Trouille de laPlace, & tant que le siège dura, ontravailla à l’écoulement des marais,qui avoisinent la sortie de cetteriviere de la Ville, & on marchatoujours par des avenues fortétroites.

PLACE environnée d’eau. UnePlace environnée d’eau a l’avantagede ne pouvoir être minée. Pourla défendre on 11’a pas besoin d’ungrand ouvrage. Les Assiégés peu-vent facilement mettre le feu dansles Navires Ennemis. L’Armée na-vale se trouve exposée à la vue del’Artillerie de la Place, & les coupsde canons des Aisiégeans, ne sontT 4 pas