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Celui -là ne vaut rien pour lespièces.
POUCE, c’est une mesure, quieomprend la douzième partie dupied de Roi. Le pouce contientdouze lignes, dont chacune est largede la grosseur d’un grain d’orge. Lepouce superficiel quarrè a cent qua-rante de ces lignes, & le pouce ob-lique en a mille sept cent vingt-huit.
POUDRE : la poudre est Pâ-me des plus fortes machines deguerre ; il entre dans fa compo-sition du salpêtre, du charbon âc dusoufre. II y a trois fortes de sal-pêtre ausqueis l’on donne le raffine-ment : le prêmier s’appelle salpêtrede houslage, c’est celui qui s'attacheaux murailles des granges, des éta-bles, des caves & autres lieux sou-terrains, il se fait connoître en lemettant sur la langue, où l’on sentune petite piquure comme d’un selun peu foible ; le second salpêtrevient de certains Pays-Etrangers,qui en produisent abondamment,sur-tout certaines Campagnes des In-des où la terre le produit & dont ilcouvre la surface, c’est de ces en-droits que les Hollandois tirent leleur ; le troisième se rencontredans les terreins même des lieuxsouterrains, sur-tout si ce sont desendroits où les animaux se retirent,lequel est contracté par leur fiente& leur urine. On en trouve aussidans la démolition des maisons.
Le salpêtre bien travaillé est lepremier corps & le plus essentielpour faire de bonne poudre , il nesuffit pas seul, parce qui! brûlesans bruit, fans effort, & fans cetteimpétuosité que l’on voit à la pou-dre. La seconde matière est le sou-fre , il y en a du gris, du jaune, &du verdâtre : le gris est nommésoufre vif, parce qu’ii est comme ilsort de la terre ; le jaune appellesoufre à canon, simplement à causede sa figure, & qu’il est déjà puri-
fié de la terre la plus groffiere, estle meilleup de tous pour faire de lapoudre. Le charbon qui est la troisiè-me matière, doit être de bois debourdaine, autrement noir prunpour le meilleur, celui de saule estassez bon, & même celui de cou-drier & d’aune. C’est de ces troismatières, dont on compose la pou-dre, tout autre mélange la gâte,plutôt qu’elle ne la rend bonne, du-moins suivant les diverses expérien-ces, & les difterens changemensqu’on y a apportés.
On met trois quarts de salpêtre,& Pautre quart est partagé entre lecharbon & le soufre, en telle sortecependant que le charbon surpassed’un tant soit peu le souffre. Cettematière étant bien mêlée, on la tiredu mortier, & la portant sur uncrible on la presse avec un rouleaude bois, par le moyen duquel lamatière en passant par les petitstrous du crible, se forme en grains,tels qu’on les voit : on les remueencore fur un tamis, afin de séparerla poudre d’un reste de poussière quin’a point de corps, c’est de cettepoudre fabriquée en gros grains donton se sert à l’Armée.
Car la poudre de chasse, quoi-quëlle ne soit point différente pourla matière, elle doit être composéed’un salpêtre d’une cuite au-dessusde celle dont on fait la poudre deguerre : d’ailleurs on doit mettremoins d’eau dans fa composition, 6con la bat un peu plus long-temi.Le salpêtre doit être en roche, aprèsquoi pour arrondir cette poudre,quand elle a été passée par un tamisplus fin & plus délié que le précé-dent , on la met dans plusieurs ba-rils qu’on tourne, & dont le mou-vement rend la poudre polie toutautour. La bonne poudre n’est point len-te à prendre feu, la fumée qui enfort, s’éléve en colonne fans noir-cir & brûler ce qui la touche, &sacouleur doit être d’ardoMe, & n’a-
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