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Ces usages changèrent, & par lafuite on fit passer ces terres des Pe-res qui les acqueroient aux enfans,néanmoins toujours fous la condi-tion que les possesseurs actuels de-vroient le Service militaire : c’estcette condition qui, en donnant ori-gine aux Fiefs, fit cette Milice ap-peller des Fieffés, qui feule pen-dant longtems composa les ArméesFrançoifes, & qui ne commença decesser à rendre le Service dû pourses possédions, que fous Charles VII.
Les terres destinées à être la ré-compense des Militaires étant occu-pées par les enfans de ceux qui lesavoient eues en don, & ces enfansfe les étant appropriées à titre d’he-ritage, il fallut que l’Etat trouvâtd’autres nioyens pour récompenserles Guerriers. Pour cela on adoptales usages Romains, & on remit àla mode les récompenses honorables.
Sous la prémiere Race, on voltquelques exemples de gens de bassenaissance être parvenus par leur va-leur à la dignité de Comte, & mê-me de Duc ; lesquelles dignitésdonnoient par elles-mêmes du Com-mandement dans les Armées. Laqualité de Chevalier, fur-tout cellede Chevalier Banneret, donnoit untrès-grand rang dans les Trouppcsdu teins de Philippe-Auguste, & unpeu avant lui, étoit aullì la récom-pense du Service.
Cette forte de récompense n’étoitpoint onéreuse à l’Etat, puisqu’aumoyen d’un simple baiser donné pu-bliquement par un Commandant àun Guerrier qui venoit de se distin-guer, ou qui avoit servi long-tems,ce Guerrier fe tenoit satisfait de sesservices, tels longs qu’ils fussent.
On s’en tint presque à ces légeresrécompenses, jusqu’ati teins que lesTrouppescommencerent à être sou-doyées. Mais cette époque fit re-naître le second des trois moyensqu’avoicnt les Romains, pour s’ac-quitter des services qui leur étoient
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rendus. Nos Rois aífignoient furleur Trésor des sommes annuelles,ou une fois payées. Cela n’ empê-cha pas que l’usage des récompenseshonorables ne fe continuât, & laChevalerie d’accoladc s’cst perpétuéejusqu’au seizième siécle.
Dans le même siécle un Soldat va-leureux qui exécutoit une actiond’éclat, en étoit récompensé fur lechamp, ou par une couronne deverdure que ses camarades lui met-toient fur la tête, ou par un an-neau d’or que son Officier princi-pal lui mettoit au doigt, en pré-sence de toute la Trouppe dont leSoldat étoit. Le Général de TAr-mée faisoit lui-même cette cérémo-nie. C’est ce qu’on a vu sous Fran-çois I.
L’ennoblissement dc les armoiriesaccordées par le Prince, après quel-que belle action, ont été le prix dela valeur de plusieurs braves hom-mes. Nos Rois, témoins eux-mê-mes d’une action de valeur, les ontrécompensées fur le champ, & onen a vu un ôter son collier d’Ordre,pour en revêtir fur un champ debataille Tun des principaux Officiersde son Armée, qui venoit de se di-stinguer avec éclat.
Outre les marques d’honneur,comme couronne de verdure , ouanneau d’or, qu’on donnoit auxsimples Soldats pour quelque actionde valeur, on les récompensait en-core de quelque argent : on lesmettoit au nombre des Appointés,on leur donnoit le grade d’Anspef-sade, de Caporal, la hallebarde deSergent. C’ est ce qui se pratiqueencore aujourd’hui.
Les récompenses d’honneur n’é-toient pas seulement pour le» per-sonnes en particulier, soit Officier,soit Soldat. Des Corps de Troup-pes en entier y avoient part. Entreplusieurs Trouppcs qui auroientcombattu ensemble, une d’entr’el-les qtú se seroit plus distinguée que