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Tome II.
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tiers & les canons. II y a encoredes outils pour les Mineurs, enfintous les outils bien enimanche's setirent des magasins où i! y en a pourl’ordinaire des amas de longue main,assemblés à loisir.

Pendant que d’un coté l’ArtilIe-rie s’arrange dans ton parc, & quede l’autre l’Armée travaille aux li-gnes, quoiqu’on ait aujourd’hui desplans de presque toutes les placesde l’Europe, comme ils sont fortpeu exacts, un Général cherche àapprendre encore quelque chose del’état de la Place qu’il veut attaquer,par les gens du Pays, principale-ment par des Ouvriers intelligens,comme Maçons, Tailleurs de pier-re, Appareilleurs, Terrassiers, En-trepreneurs. II tâche d'y introdui-re quelqu’un dedans, qui après yavoir fait quelque séjour, apportedes nouvelles de ce qu’il peut sça-voir. Un Général cependant ne sefie qu’autant qu’il le faut à ces for-tes de rapports. II s’instruit parlui-même, & reconnoît en person-ne, ou fait reconnoître par des gensintelligens tous les dehors de la Pla-ce , & cela à petit bruit de nuit oude jour. Le. jour on n’a pas la li-berté d’approcher de près, à moinsqu’on ne la fasse seul ou peu accom-pagné ; cette pratique réussit pres-que toujours : mais on a la pré-caution de laisser derrière foi desGardes avancées, cachées dans deshaïes, ou quelques fossés, à la fa-veur desquelles on avance seul.

Cette maniéré de reconnoître unePlace n’instruit que du chemin qu’ilfaut tenir pour les attaques , dunombre & grandeur des bastions,Cavaliers, demi-lunes, ouvrages àcornes, redans , chemin couvert.Pour les fonds près de la Place &autres lieux couverts, on a de lapeine à les démêler. ’ On ne le faitqn’imparfaitement. On les va ré-connoîfre la nuit bien accompagné,ce qui ne se fait pas fans péril ; &

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le matin en fc retirant peu à peuavec le jour, on découvre ce qu’onvouloit voir d’une maniéré plus par-faite. D’une place bien reconnue,on tire de grands avantages.

II n’y en a point qui n’ait sonfort <& son foible, à moins qu’ellene soit d’une construction régulière,c’est-à-dire qu’elle ait toutes ses par-ties égales entre-elles, & qu’ ellesoit située dans une rase & vastecampagne, qui l'environne à pertede vue, & n’avantage en rien unepartie plus que l’autre, tel que leneuf Brisack. II se trouve peu dePlaces fortifiées de cette forte , &l’on en fait les attaques par le côtéle plus à portée du Quartier duRoi, du parc de l’Artillerie, & deslieux dont on tire des gabions &des fascines. Pour les autres, quifont composées de vieilles & de nou-velles pièces, & qui ne font pasfans défaut, & fans quelque avan-tage, on les attaque suivant leursituation. Au mot de Places , j’aiparlé des différentes situations desPlaces, & j’y renvoie le Lecteur.

Quand on est instruit de la quali-té des fortifications, on examine hquelque rideau, chemin creux, ouinégalité de terrein peut favoriserles approches, & épargner quelquebout de tranchée ; s’il n’y a pointde commandement qui puisse ser-vir ; si le terrein par où sc doi-vent conduire les attaques est doux& aisé, ou s’il est dur, mêlé depierres, cailloux, rocailles, ou derochers. Si le terrein est aisé à ma-nier, on y fait de bonnes tranchées,s’il est mêlé de pierres & de cail-loux, elles font plus difficiles à fai-re, & les éclats du canon y foutdangereux.

On fait encore entrer dans la re-connoissance des Places , celle deslieux couverts, pour rétablissementd’un petit parc, d’un petit Hôpital,d’un Champ de Bataille pour l’as-semblée des Trouppes, qui doi-vent