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Tome II.
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1019-1020
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lemcnt, le premier du Sud & desEJì , & l’autre du Sud & de l’OùeJl,Sud-Sud-Efi & Sud - Sud-Oueft : cefont des vents entre mitoyens.

* S UIF ; En termes de merfuiver un Vaisseau 011 lui donner leJuif, c’est enduire & frotter de fuisles parties qui touchent l’cau. Cequ'on appelle suif noir, est un mé-lange de suif & de noir à noircir,dont on frotte le font des Vaisseauaprès savoir suive'. On dit aussiefpalmer & care'ner ; Voyez lesmots Efpalmer & carême.

SUISSES. Louis XI.entretintà fa solde six mille de ces Soldats, Lce sont les premières Trouppes decette Nation qui servirent la France.Ses successeurs, jufqu’au teins oùnous sommes, ont continué d’enavoir dans leurs Armées. Mais de-puis Louis XIV. les Suijses ont etcen plus grand nombre que fous lesRégnes précédens.

Depuis plusieurs siécles ils se sontsoustraits à la domination de la Mai-son d’Autriche, & depuis ce teins-lìi ils se maintiennent dans une in-dépendance parfaite, fans Places deguerre, fans Corps de Trouppessoudoyé, & feulement par leurunion, leur situation, la quantitéde leurs hommes, & leur soin à ferendre Guerriers hors de chez eux.

Cette République est composée detreize Républiques, qui chacune enleur particulier ont des maximesdifférentes de fe gouverner, diffé-rentes méme entr’ciles de Religion.Quelques-unes sont mi-partics pourla Religion, & ont des alliancesparticulières avec les Puissances.

Cependant toute cette confusionapparente d’intérêts différens fetrouve toujours parfaitement réu-nie en un méme Corps dans leursDiètes générales , toujours supé-rieures pour les intérêts qui regar-dent la Nation entiere, aux deuxDiètes Catholiques ou Protestantes,& aux particulières de chaqueCanton.

Ainsi aucune Puissance voisine nepeut attenter fur la moindre partiede ce Corps, fans avoir pour Enne-mi le Corps entier de la Républi-que ; & c’est cette union conti-nuelle & exactement observée, quimaintient sa liberté sans atteinte &-fans diminution.

Comme ce Pays n’est pas fort fer-tile, & que fa situation ne met passes Peuples en état de faire d’atitrecommerce, que celui de leurs che-vaux & de leurs laitages, ce qui nepourroit pas leur procurer beau-coup de richesses, parce qu’ils ontbesoin de leurs voisins pour en ti-rer les choses nécessaires à la vie,qirils ne peuvent avoir assez abon-damment chez eux, & qu’ainsi l'ar-gent qui entreroit par les chevaux& laitages, en resortiroit fur lechamp pour Rachat des bleds, fe!,épiceries, & autres denrées dont ilsmanquent : ces Peuples attentifs àleur aisance & à leur conservation,ont imaginé un autre commerce,qui leur réussit parfaitement bien,& leur porte tous les ans beaucoupd’argent. C’est celui de fe faire don-ner des pensions des Puissances,moyennant lesquelles, dc en vertud’Alliances particulières avec ccsPuissances, fans préjudice des Al-liances générales, ils vendent leurshommes par des Traités pour ser-vir à la guerre, cependant toujoursen Corps dc Compagnie & de Régi-mens ; de maniéré qu’il fe trouvesouvent que deux Puissances qutsont en guerre entr’elles, ne laissentpas d’avoir des Corps Suiffes à leurService , qui fervent égalementbien les Princes aufqueís ils fe sontvendus.

Cette politique réussit aux Suisses ,porte de l’argent dans leurs Pays,qui fans cela, n’y entreroit pas, tfcmaintient ces Peuples dans Tissagede la guerre, ce qui conserveleur liberté.

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