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Tome II.
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la République voltiger au tour de latente de Cle'opatre.

Interque figna, turpe, mïlitariaSol aspicit conopeum.

Avant l’invention de la toile queles Romains n’ eurent que très-tard, les tentes étoient faites avecune grosse e'tosse, exprimée par lemot denjus, ou avec des peaux,qui fut la matière de leur premicrefabrique.

Si on en croit quelques Auteurs,ce feroit assez tard que les Romainsauroient connu les tentes de cuir, &selon eux ce ne feroit qu’ au liegede Veies, arrivé l’an 349. de la fon-dation de Rome, que les Troup-pe» de cette République commencè-rent pour la prémiere fois à hyver-ner fous de semblables tentes, quifurent ensuite d’un grand usage;car on voit que dans une Guerred’Orient, Scipion, PAfiatique, pourdéterminer lés Soldats à combattreÂntiochus, Roi de Syrie, qui e'vi-toit d’cn venir aux mains, leur dit,que íi la Campagne fe passe fansune action qui décide de la Guerre,il fera obligé de leur faire passerl’hyver fous les peaux, pour pou-voir commencer de meilleure heurela Campagne suivante.

II est croyable qu’on se servoitPété de tentes d’étolfe, & que cel-les de peau étoient pour l’hyver,quand on étoit obligé de faire laGuerre dans cette saison, ou de lapasser dans les Camps ordinaires;car par une sage politique, les Ro-mains tenoient continuellement leursTrouppes campées, & leur fai-foient passer toute l’année fous destentes. C’étoit une très-bonne ma-xime pour l’entreticn de la vigueur& de la discipline militaire , quis’assoiblit beaucoup quand le Sol-dat séjourne long teins dans lesVilles.

Quoiqu’une légion restât plusieursannées dans un même Camp, &

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qu’il semblât que ce lieu fut deve-nu pour elle un établissement soli-de , néanmoins le service s’y faifoitavec une telle régularité, qu’on yvoyoit continuellement l’appareild’une Guerre, même au milieu dela paix la plus profonde, <îit il n’yavoit point à craindre comme dansles Villes que la vue d’un Citoyenoisif, & qui mene une vie délicieu-se, fût un exemple propre à cor-rompre le Soldat.

Les tentes de peau ou de grossesétoffes , 11’étoient que pour les Sol-dats. On employoit des étoffesplus belles pour celles des Officiers,& fur-tout pour celles des Géné-raux. Le pavillon d’Herode Roi dePalmire, fils d’Odenat & de la fa-meuse Zenobie, étoit d’une étoffed’or. Celui d’Antiochus, Roi deSyrie, étoit d’écarlate, remplie debroderie en or & en argent. Selonle Sire de Joinville, S.Louis avantque d’aborder à la Terre Sainte, fitprésent à un Prince Tartare d’unetente, moult riche, bien faite if d’unebonne écarlate.

Dans le quatrième Tome desMo-numens de la Monarchie Françoise,il est parlé de l’entrevue qu’eutFrançois I. avec Fleuri VIII. Roid’Angleterre en 1319. aux environsdes Villes d’Ardres & de Guines,dans un lieu, qui à cause de la ri-chesse dont étoient les tentes, quiservirent à cette occasion, fut nom-mé le Camp de drap d’or.

La beauté de nos anciennes ten-tes fe fait encore remarquer dans lavignette d’un manuscrit de Froissa»,qui fe trouve à la Bibliothèque duRoi. Cette vignette représente leCamp des François, lorsque sous laconduite du Connétable du Gucfclin,ils assigéoient la Ville de Chisay enPoitou, Pan 1372. Ce Camp estenvironné de palissades, & les ten-tes qui font dedans, ont les unes lafigure ronde, les autres la figure

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