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Lorsque les Assiégeans avoientpoussé leurs travaux à la juste por-tée des catapultes & des balistes, ilstiroient une parallèle fur tout lefront de l’attaque où ils dressoientleurs batteries de jet, dont la con-struction ne diflëroit en rien desnôtres de mortiers & de canons.Sous les différens tirs de ces machi-nes & à couvert des blindes parallè-les , & souvent des tranchées dansles formes, on portoit les piècesdémontées des tours, & des tor-tues mouvantes aux endroits lesplus commodes &les moins exposésaux sorties des Assiégés, & l’on enfaisoit l’assemblage à couvert desrideaux de peaux crues, ou faits deplusieurs cables, ce qui amortissoit& rompoit la force des gros traits,& des pierres lancées par lesmachines.
Pendant qu’on travailloit à l’as-semblage des pièces de charpenteriequi composoient ces lourdes masses,mobiles & ambulantes, on prépa-roit les différentes routes pour lespousser fur la contrescarpe, qu’oncouvroit de forts madriers, de peurque les roues ou les rouleaux furlesquels elles étoient appuyées, n’en-fonçassent dans les terres & ne de-meurassent par les chemins. Lanuit étoit principalement employéeà ces sortes d’ouvrages qu’on perfe-ctionnoit le jour.
Ces tortues étoient composéesd’une grosse charpente très - so-lide & très - forte, c’étoit unassemblage de grosses poutres, lessablières, les poteaux, & tout ce(pii les composoient, dévoient êtreà l’épreuve des machines, & detoutes sortes d’essorts, mais leurplus grande force devoit être portée*u comble, & dans les poutres quiles soíìtenoient, pour n’être pasécrasées des corps jettes d’en haut.On appelloit ces sortes d’assembla-ges tortues parce qu’elles servoientde couverture & de défense très-
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forte & très-puissante, contre lescorps énormes qu’on jettoit dessus,de ceux qui étoient dessous s’y trau-voient en sûreté, de même que latortue l’est dans son écaille. Cestortues servoient également pour lecomblement du fossé & pourla sape.
La hauteur des machines juf-qu’aux sablières d’en haut, fur les-quelles étoit appuyé le combleétoit de douze pieds. La base enétoit quarrée, & chaque face devingt-cinq pieds. Les flancs ou lescôtés qui faisoient face à la Villeétoient couverts d’un tissu d’osier,ou de grosses planches, Ót recou-verts d’une espèce de matelas piqué,& composé de peaux crues, entrelesquelles on mettoit de l’herbe ma-rine ou de la paille trempée dansdu vinaigre, ce qui mettoit cestortues à l’abri des artifices lancéspar les machines.
Vitruve en parlant de la constru-ction de ces tortues ne parle pointdu toit. II devoit fans doute êtrechargé d’une plus grosse fourrureque les côtés, comme étant le plusexposé aux coups des Assiégés. IIfaut distinguer ces tortues de com-blement d’avec celles que les Anciensappelloient beliéres, qui n’avoientpas trop de six pieds de saillie àcause de sa hauteur <Jc du poids dela poutre de vibration.
Pour les tortues de comblementon en joignoit plusieurs ensemble àcôté & fort près les unes des autres& fur une même ligne. On lit dansDiodore de Sicile qu’Alexandre leGrand au siège d’Halicarnasse, fitd’abord approcher trois tortues pourcombler le fossé de la Ville, & il fitalors avancer ses béliers sor le com-blement pour battre en brèche.Voilà la description de la tortuedont les Anciens fe servoient pourcombler les fossés des placesassiégées.
* TOSTE ;