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charges de les présenter à la Cham-bre des Comptes de Paris.
Depuis ce tems là, non - seule-ment les Commissaires généraux desvivres furent obligés de compter àla Chambre de leur maniment, tanten argent qu’en munitions ; maistous les Commis aux vivres devin-rent auílì comptables, chacun enleur particulier de tout ce qu’ ilsavoient distribué aux Trouppcs.
II y avoit deux fortes de ces Com-mis. Les uns étoient des person-nes connues & capables, que lesLieutenans Généraux où les Gou-verneurs des Provinces établissaientdans les lieux nécessaires pour lepassage des Trouppes. Ils y fu-ioient des magasins de bleds , devins, & des autres denrées qu’onfournissait pour lors, à quoi lesVilles, Bourgs & Villages étoienttaxés, & ils contraignoient les peu-ples à la fourniture de leurs taxes,lorsqn’ils y manquoient dans le temsde l’échéance du payement.
Les autres Commis étoient choi-sis par le Roi même, qui connoif-soit l’importance qu’il y avoit d’a-voir des gens d’honneur & expéri-mentés dans ce métier. Quelque-fois aussi Sa Majesté en laissoit lechoix aux Commissaires Générauxdes vivres.
Ces Commis manioient par leursordres les deniers royaux, faisoientles achats, tant pour munir les Pla-ces frontières, que pour faire sub-sister les Trouppes en Campagne.Le Reglement que nous venons deciter veut qu’ils soient gens fans re-proche, dc l’article cinquante-cinqprescrit les qualités qu’ils doiventavoir.
Quant aux voitures dont on seservoit pour les vivres , les peuplesles fournissoient de même par con-tribution, & ce fut encore HenriII. qui n’ayant d’autre pensée qùcde soulager son Peuple, déchargea
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les contribuables à la taille de cescórvées.
Pour cet effet il créa vingt Offi-ces de Capitaines de Charrois pourlever 4000. chevaux de trait avecleurs harnois, 1000. Charretiers, &600. charrettes moyennant les gages,avances de deniers, dc les privilè-ges, qui font portés par l’Edit deleur création, avec ordre de fairetoutes les voitures, tant d’Artille-rie, que de vivres, par tout où ilseroit nécessaire pour le service del’Etat.
Voilà la maniéré dont on amas-sait anciennement les vivres enFrance pendant la guerre. Dèsqu’elle finissoit, & que les trouppesétoient licentiées, chaque Commisdressait un état au vrai de la recet-te & dépense des vivres, dont ilavoit le maniement, & après quece compte étoit arrêté, ce qui re-stoit en nature dans les Magasinsétoit distribué également aux Peu-ples avec toute Péquité possible.
Cette restitution fut ordonnée parHenri III. aux Etats de Blois en1579. car avant lui, nos Rois avoientcoutume de donner le reste des vi-vres qui se trouvoient dans les Magasins, à des personnes qu’ils vou-loient gratifier. ^
Les Commis aux vivres demeurè-rent long-tems dans cet état, & l’onvolt qu’ils exercèrent toujours leuremploi par Commission fous les or-dres de deux Commissaires Géné-raux jusqu’en Pan 162,7.
Sous Louis XIII. le maniment desvivres des Armées avoit besoin d’u-ne plus grgnde quantité d’Officiers,à cause des trouppes nombreusesqu’on avoit à faire subsister deça &delà les Monts. C’est pourquoi cePrince érigea en titre d’Ostice qua-tre Commissaires Généraux, qu’ ilnomma Conseillers Surintendans desVivres, pour joindre à deux Char-ges semblables créées depuis long-tems, ce qui compofoit le nombreO o a de