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Tome II.
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deux Peuples de l’Antiquité les plusfameux ont connu ces uniformités deTrouppes, il est certain que ceuxdes Romains qui couroient dans lesCirques, soit à cheval, en chariot,& à pied, se partageoient par Ban-des, & que chacune de ces Ban-des se distinguoit par sa couleur par-ticulière.

Mais ces distinctions étoient defantailìe. Les teins où l'uniformea commencé à paraître est assez in-certain. Quelque antiquité que l’onveuille donner aux habits de guerredistingués de l’armure, on ne peutla faire remonter avec quelquecertitude au-dessus du onzièmesiécle.

Ce n’est ni dans les tems que lesRomains combattaient, revêtus feu-lement de corps d’armes de fer, oude cuir bouilli, si justes, & si bienpris, qu’íls semblaient être moulésfur la personne, le nombril & lesmamelles y étant marqués ; ni danscelui où les François nuds , ou do-mains très-légerement habillés d’unlayon de cuir, firent la conquêtedes Gaules, qu’il faut aller chercherdes habits uniformes.

C’est au tems des Croisades, & desvoyages que firent alors les Euro-péens Occidentaux dans la Palestine& à Constantinople, que ces Occi-dentaux apprirent à faire usage pourfe vêtir par dessus leurs armures, depourpre, & autres riches étoffesd'O rien t, & des belles fourrures queles Grecs tiraient de la Russie & dela Tartarie, par la Mer noire.

C’est donc dans le onzième siéclequ’on peut établir avec quelquecertitude le commencement du portdes habits de couleur pour la guer-re. Les Sarazins portoient com-munément des tuniques fur leursarmes, soit d’étosses unies ou ra-yées, qui ont pu servira nos Guer-riers de modèles pour en mettre desemblables fur leurs armures, sousle nom de Cotti'í d’armes.

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Si les Tuniques d’armes farazi-nes n’ont pas entièrement donnéorigine aux Cottes d’armes de nosGuerriers, elles en ont au moinsrendu le port plus commun. LesFrançois revenus des Croisades fefirent honneur au retour de paroî-tre avec ce qui dénotoit les lieuxoù ils a voient été signaler leur va-leur, & ils parurent avec de cesTuniques uniformes, qu’ils nom-mèrent Saladine, à cause du SultanSaladin : ce qui fit prendre le nomde Salade, non-feulement à l’armurequi fe trouva couverte de la Saiadi-ne, mais encore à une casque sanscrête plus léger que celui d’ufage.

La jonction de la Cotte Saladine,avec l’ancicnne Cotte ou Sayon unides François, rendit les Cottes d’ar-mes plus communes, & celles-ci encommençant à produire une espèced'uniformité dans les Armées, pro-duisirent aulsi d’autres habits portéspar les Nobles dans les cérémoniesd’édat.

L’Auteur ci-dessus cité, ne- pré-tend cependant pas que ce soit desOrientaux seuls que nous tenionsnos uniformes : elle a une sourceplus ancienne, & ce n’est que pourle tems où elle a commencé à êtreplus commune qu’il l’a fixée à celuides Croisades. Chaque Nation atoujours eu une espèce d’uniforme.

Les Grecs & les Romains avoientpour habillement de guerre descorps d’armes de cuir renforcés delames de fer, & qui malgré leurjustesse, qui les faisoit paroîtrecomme colés fur les personnesavoient de la résistance. A i’égarddes premiers François, le Sayon depeau fut leur unis orme, & leur uni-que armure défensive, jufqu’au cin-quième siécle, qu’ils s’armerent à laRomaine.

11s conservèrent cette mode juf-qu’à Charlemagne, qu’ils reprirentleur ancien Sayon de cuir, auqueloh ajouta le Hautbcrt, autre Sayon

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