IV
INTRODUCTION HISTORIQUEune étendue de dix arpents. L’ouverture du nouvel etablisse-ment n’eut lieu que l’année 16.40. Il y a deux cents ans de cela.Gui de La Brosse publia, dès 1641, le catalogue des plantes cul-tivées dans le Jardin royal des herbes médicinales. Le nombrede ces plantes, y compris les variétés, était déjà de 2,560.
Us passent trop vite, les hommes qui prennent une œuvre àcœur et s’y dévouent. Gui de La Brosse mourut en 1645, aumoment où il avait triomphé de tous les obstacles et lorsqu’ilallait jouir du fruit de ses travaux.
Le Jardin des herbes médicinales languit et périclita sous lessuccesseurs de ce médecin. Enfin ses destinées étaient grave-ment compromises, lorsque la Providence lui suscita un sau-veur dans la personne de Eagon, neveu de Gui de La Brosse.—Eagon était, pour ainsi dire, un produit du Jardin des Plantes :il y était né, il y avait passé son enfance; — il aimait les (leursde passion, singulière prédisposition chez un homme qui devaitêtre jeté, par son ollice de premier médecin du lloi, au milieude l’étiquette et des intrigues.
Lorsqu’il se trouva pourvu d’une charge qui ne lui permettaitplus de remplir les chaires de botanique et de chimie, qu’ilavait occupées avec une grande distinction, Fagon sentit naîtreen lui un scrupule bien digne d’un homme adonné à l’étude dela nature : il crut ne pouvoir pas cumuler toutes les fonctions àla fois, et songea à se donner un successeur pour le professorat.Mais on ne s’arrête pas plus dans le bien que dans le mal: Fa-gon éprouva scrupule sur scrupule, et il s’imagina qu’il devaitfaire un bon choix. Voici comment il y avisa : il appela dufond de la Provence un brave jeune homme de vingt-six ans,qui s’appelait Joseph Pitton de Tourneforl , tout simplement.M’y a-t-il pas là de quoi faire oublie!- toutes les malicieuses épi-grammes lancées par Saint-Simon contre le premier médecinde Louis \l\ ?
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