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[Première partie.]
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l’ont est donc sollicité en vous : l’attention, la curiosité, la méditation,les souvenirs. — Les souvenirs, car il est peu d'entre nous <|iii n’aientvisité déjà le Jardin des Plantes — autrefois — tout enfant ou écolier ;— on se rappelle enfin... pour trouver toute chose bien changée. Oui, touta bien changé, en effet, mais tout est vert, tout fleurit encore; il sembleque rien n’a dû mourir. Impression délicieuse et rare qui vous trans-porte au paradis terrestre. Hélas! hélas! il vous en faudra revenir,si vous abaissez seulement les yeux sur les pelouses qui bordent la pre-mière allée ouverte devant vous; voyez ce que porte l'étiquette sortantd’une touffe de feuilles, d’un bouquet de fleurs, vous lirez ici Joubarbe, là,Renoncule dere, plus loin, Absinthe, ailleurs Angelica arehangelica. Voilàdu moins un nom aimable, — il ne rappelle pas trop les indispositions, lesinlirmités des hommes, ni la tisane, leur tiède consolatrice. — Attendez,lisez mieux, voyez la traduction : Angélique officinale; angélique des bou-tiques. Kh quoi! arehangelica voudrait dire officinale,ou des boutiques?Oui.—Ce n’est pas le dictionnaire aride, c’est la science qui traduit ainsi.O science! que fais-tu donc de la poésie!

Tout près de là un nom gracieux s’offre encore à notre \ne : — I H I S.Celui-là, du moins, n’est flétri d’aucune épithète. Mais en face nous décou-vrons V hellébore, et nous pensons à l’u 1:1.1. F. ko ii k koiii, si célèbre dansT pour la guérison des fous ; — pauvre plante vivace, tu n’as pas

faut de gloire, tu n’es bonne à rien, tu ne guéris personne! —Nous allionsla calomnier : elle tue.

"lisons-nous au milieu des émollients, des antidotes, des médi-caments succédanés? craignons de troubler, nous profanes, les éludesdes élèves en pharmacie, en médecine; —les étudiants sont les papil-lons ordinaires de cette partie du Jardin; ils viennent là demander achaque tige, à chaque feuille, à chaque fleur son suc, son baume ou sonpoison ; — ils viennent cueillir l’amertume et l’àcreté, comme les abeillesle miel.

On pourrait appeler cette partie du Jardin le champ du pauvre. — bienn’en défend l'entree : seulement, quelques pièces de bois grossier etquelques perches, dérobées, ce semble, au maigre fagot d’un bûcheron,en _ ; — il se fait là une distribution gratuite d’herbes

médicinales aux malheureux. _ z donc, vous tous que la maladie avisités en même temps que la misère ; — prenez cela, c’est voire bien ; — sivous ne pouvez pas venir vous-mêmes, envoyez vos petits enfants, ce qu’ils