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Les plantes usuelles! honorables prolétaires de la botanique, servant, lesunes, à la nourriture do l'homme; les autres, à la nourriture des bes-tiaux; quelques-unes, à la nourriture des hommes et des animaux; ungrand nombre étant employées dans les arts.—Qu’elles sont humbles! ondirait qu'elles ont eonseienee de leur utilité, et implorent le pardon desservices quelles nous rendent. — Ces plantes ne demandaient pas lessoins d’un jardinier royal ; elles n’ont pas cherché une place dans lesparterres de choix : un coin dans la plaine, quelques pouces de terre aumilieu des sillons, l’eau du ciel, et la main rude du fermier, voilà tout cequ'elles réclament. Ce n’est pas que plusieurs d’entre elles ne puissent sevanter d’une origine aussi chaude et aussi brillante que tant d’autresvégétaux si fiers de nous venir de l’Afrique ou de l’Inde . La pomme deterre est native du nouveau monde; savez-vous qui en a doté le genrehumain? c’est le Pérou . Ainsi la pomme de terre se trouve avoir pourcompatriotes l’or et l’argent. — La Providence a déposé l’un des plusléconds éléments de la nourriture du pauvre près des plus grandes ri-chesses minéralogiques du globe, pour prouver sans doute qu’elle pensait,en même temps, à tout le monde.
L’histoire de la pomme de terre est vraiment touchante; si vous saviezcombien cette bonne et simple racine fut méconnue, calomniée, mépriséeen France ! on ferait un roman de ses malheurs. Nous refusions obstiné-ment de la manger, au dix-huitième sièele, ’ , depuis le seizième déjà,
les Italiens, moins dilliciles, la cultivaient pour s’en nourrir.— Legrandsiècle était bien délicat ! — a la vérité, les pères conscrits, les pontifes de lascience, frappaient l’innocent tubercule de malédiction, le déclaraient sus-ceptible d’engendrer la peste, lui qui doit nous présence de la disette! Sil’on s’étail borné à dire que le Solannm luberosinn upparlicnl a celle