TROISIÈME PARTIE.
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pris tous les avantages que l'Italie relirait de cette branche d'agriculture, voulurent endoter leur patrie, et firent apporter de Naples des Min iers qu'on planta dans la Provenceet dans le Dauphiné. Charles VIII encouragea les soieries qui s'étaient établies à Lyon et à Tours ; Henri IV , malgré la résistance de Sully, établit de nombreuses plantationsde Mûriers, et convertit en pépinière son jardin des Tuileries ; le grand ministreColbert alla plus loin : il fit planter des Mûriers, aux frais de l'Etat, dans des propriétésparticulières, mais les particuliers acceptèrent avec répugnance une richesse que leurimposait l’arbitraire; les plantations lurent négligées; alors Colbert fit annoncer qu’ilpayerait une prime de vingt-quatre sols pour tout arbre qui aurait atteint l'âge de troisans ; la prime fut exactement payée, et dès lors la culture du Mûrier se répandit rapi-dement dans les provinces du midi et du centre de la France .
Le Mûrier à papier (liroussonelia papgrifera ) croit en Chine et dans les îles de lamer du Sud ; son écorce sert à fabriquer du papier de Chine, qui est très-recherché pourl’impression en taille-douce ; c’est aussi avec celle écorce que les insulaires préparent unetoile non tissue, dont ils se font des vêlements. Le Mûrier à papier me rappelle l'his-toire de Potavcri , ce jeune Olahitien que Rougainville avait amené en France . Le pauvreinsulaire, étranger à nos moeurs, à notre langage, à nos plaisirs, languissait loin de sachère Olabiti : tomes les caresses qu'on lui prodiguait glissaient sur son âme, et ilrestait silencieux et solitaire, au milieu des fêtes brillantes dont il était l’objet. Un jour,on lavait conduit dans les jardins de Versailles, dont on lui montrait avec empresse-ment les richesses et les beautés : tandis qu’il promène ses regards distraits sur cettefoule de végétaux rassemblés à grands frais de toutes les parties du monde, il aperçoittout à coup un Mûrier à papier. A celle vue, son œil éteint se ranime; il s'élance d’unbond vers l’arbre de son pays, il l’entoure de ses étreintes convulsives, et s'écrie, en san-glotant : Otahili! Olahili! Ce mol fut le seul qu’il fit entendre : il le répéta bien desfois, et chaque fois ce mot prenait dans sa bouche un accent nouveau, qui révélait auxspectateurs les émotions variées et rapides dont son cœur était agité. Connaissez-vousun discours sur l'amour de la pairie, plus éloquent, plus complet, plus sublime que ce-lui-là ? Tous les assistants fondaient en larmes : il fallut l'arracher de ce lieu qu'il ne voulait pas quitter, et quand l'infortuné se vit entraîner loin de l’arbre d'Otahiii, on eût dit,à son désespoir, qu’il venait de quitter sa patrie une seconde fois.
Le Figuier est originaire d’Orient; il fut apporté à Marseille par les Phéniciens,six cents ans avant l’ère chrétienne. Les Heurs sont renfermées dans un réceptacle creux,dont la forme est celle d’une poire ; son extrémité élargie est percée d’un trou bouchépar des écailles ; les fleurs à étamines occupent la partie supérieure, les Ileurs à pistil, plusnombreuses, sont placées au-dessous d’elles et tapissent la paroi du réceptacle, à la-quelle elles tiennent par un petit pied. — Que mangez-vous donc dans le fruit du Fi-guier ? en un mot, qu’est-ce que la Figue? C’est un réceptacle charnu, dans l’intérieurduquel sont logés les ovaires, qui vous craquent sous la dent. 11 y a dans les serres uneUrlicée voisine du Figuier , chez laquelle ce réceptacle, au lien de se redresser et de for-mer un corps creux, reste étalé presque horizontalement et porte à sa surface les Fleursà étamines et à pistil, mélangées : c’est le Dorstcnia eonlraycrva, dont la racine estemployée an Brésil contre la morsure des serpents venimeux, {('onlrayerra signifiecontre-poison.)