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[Première partie.]
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BOTANIQUE. 273

Dcoguier qui devint, sous Buffon, le CabineI d’histoire naturelle. Il aurait bien vouludestituer les deux frères pour les remplacer par ses créatures, et alors c’en était faitdu Jardin ; mais ils avaient des brevets qui rendaient leur place fixe. C’était une pré-v °yancedu grand Colbert : Colbert avait eu pendant quelques mois la surintendance,'-I il avait fait rendre, en décembre 1671, une déclaration du roi qui réglait définiti-vement la constitution du Jardin.

Détournons nos regards de cette ignoble tyrannie, qui dura quatorze ans, et repo-soris-les sur l’administration paternelle de du Fay : elle commença la convalescencedu Jardin, et le prépara sans secousse A la santé robuste qu’il acquit sous Buffon.Charles-François deCisternay du Fay, fils, petit-fils de militaires, militaire lui-mème,av «'>il toujours cultivé les sciences, et, depuis neuf ans, était membre de l'Académie ;helléniste, botaniste, physicien, chimiste, et même alchimiste, il possédait toutes les•lUtilités nécessaires pour donner de l’impulsion A un établissement scientifique. Nomméln tendant, à l’Age de trente-cinq ans, il résolut de consacrer sa vie entière A l'établis-sement dont il était le chef. Ardent et infatigable solliciteur, ayant accès auprès des'Ministres , il préparait de loin ses demandes, obtenait souvent des fonds extraordi-nair es, dépassait toujours les sommes accordées, et ne craignait pas de s’engager dans‘h’s avances considérables. 11 porta sa principale attention sur la botanique, rendit A( ' rn; ird la place de garde du Cabinet, fit des voyages en Hollande et en Angleterre pourablir des correspondances et enrichir le Jardin, et donna au Cabinet sa collection deI lerr es précieuses. La septième année de son intendance, il fut atteint d’une maladielrio riclle, et songea A se choisir un successeur. Il était en mésinlelligenceavec Buffon ,S ° n collègue l’Académie des sciences ; mais Hcllot, leur ami commun, voulut ré-C ° n cilier, dans ce moment suprême, deux rivaux faits pour s’aimer: il conseilla Ah’ay d(. i e demander pour son successeur; du Fay suivit généreusement ce conseîT,''ccivit au ministre sur son lit de mort, et Buffon fut nommé intendant du Jardin.

’ ,c n ’ai pas A vous entretenir de la splendeur matérielle que le Jardin doit A Buffon :|^ ne dictature d’un demi-siècle, exercée par un homme de génie, qui ne relève que deautorité royale et de l’opinion publique, devait produire d’immenses résultats. Gomme■i e vous dois seulement l’histoire botanique du Jardin, je ne ferai mention de Buffon^ ,U au sujet du renouvellement de l’École, qui eut lieu en 1774. Mais avant d’arriver• cet événement, qui tient une grande place dans les fastes du Jardin , j’ai A vousre connaître quelques détails qui pourront vous intéresser.

•le ne vous ai parlé jusqu’ici que de deux Jussieu : leur famille, originaire de Mont-^ ot ' er , dans les montagnes du Lyonnais, était fort nombreuse; son chef, nomméeurent de Jussieu, exerçait la pharmacie A Lyon . Il eut seize enfants; trois de ses filscent A Paris : c’étaient Antoine, Bernard et Joseph ; son fils aîné, Christophe, futced Antoine-Laurent, dont le fils Adrien est aujourd’hui professeur au Jardin.c ' nto 'nc avait fait adjoindre,en 1735,son plusjeune frère Joseph (d’abord ingénieur,( ^l'ile médecin) aux académiciens qui allaient en Amérique mesurer un degré duHdion sous l'équateur. Joseph avait pour mission d’étudier l’histoire naturel le du pays,j/. cn voyer des plantes au Jardin. 11 fi t, en effet, des envois considérables de grainés et°'8nons, et c’est A lui que nous devons une quantité de fleurs qui ornent aujourd'huis Parterres , telles que, par exemple, V Héliotrope et la Capueine. Il fut nommé, en 1713,

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