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[Première partie.]
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27-i T R * » I SI K Al E PA RT IE.

membre de l’Académie des seiences, pendant qu’il Mail dans les Cordillères. Il revintfort tard en France ; mais les fatigues avaient épuisé sa santé, et il ne put rien publier.

Antoine mourut en 1758, après quarante-neuf ans de professorat. Sa place futdonnée A Louis-Guillaume /.cotonnier, médecin en chef de l’année d’Allemagne . CeLemonnier était fils et frère d’académiciens; il n’avait guère que vingt-deux ans, quandil fut lui-même reçu à l’Académie des sciences , A la suite d’un voyage fait avec Cassinidans le midi de la France, pour y prolonger la méridienne de Paris . Le père et les deuxfils siégèrent ensemble pendant quatorze ans. Lemonnier était bon physicien : il tra-vailla A la première Encyclopédie, et publia divers mémoires sur les Aimants. Il aimaitla botanique par-dessus toutes choses; il était l’élève le plus assidu de Bernard, etavait exploité avec lui la riche forêt de Fontainebleau, en compagnie de Linné . Plustard, il fit de nombreuses herborisations avec Jean-Jacques Rousseau dans la forêtde Montmorency. Quelque temps après son admission A l’Académie , il alla s’établir ASainl-Germain-en-Laye pour y exercer la médecine; il y fit la connaissance d’unfleuriste, et entreprit de disposer les plantes de son jardin d’après le système de Linné .C’est IA qu’il fut remarqué par le duc d’Aycn 'qui fut depuis le maréchal deNoailles);Lemonnier plut au duc par la vivacité de son esprit, et lui donna le goût de la cul-ture des arbres étrangers. Bientôt le duc d’Ayen eut de belles plantations exotiques, etLouis XV étant venu les voir, d’Ayen voulut lui présenter son ami: Lemonnier, con-duit A l’improviste devant le roi, se troubla et s’évanouit. Louis XV fut flatté de l’effetque sa présence avait produit sur le jeune homme, et il le nomma directeur de sonjardin deTrianon. Lemonnier jouit bientôt de la faveur du monarque; il parlait avecélégance, et son enthousiasme pour la botanique se communiquait A ses auditeurs.Louis XV venait souvent A Trianon se délasser, en l’écoutant, des ennuis et des plai-sirs de la royauté; leurs conversations étaient longues, et le bonheur de Lemonnierexcitait au plus haut degré l’envie des courtisans qui, de loin, voyaient le monarques’entretenir familièrement avec lui pendant des heures entières. Mais Lemonnier nesongeait pas A l’immense parti qu’il aurait pu tirer de ces augustes conférences, et ilne parla jamais au roi que de fleurs, d’oignons et de boutures.

Il avait trente-huit ans, quand il fut nommé médecin en chef de l’armée d’Allemagne ;avant de quitter Trianon, il présenta A Louis XV Bernard de Jussieu , son maître, pourprendre soin du jardin en son absence. Bernard, alors Agé de cinquante-neuf ans, leremplaça en effet, et classa l’Ecole de Trianon d’après les rapports naturels des plantes ;bientôt il plut au roi, qui avait en botanique des idées saines et étendues ; mais Bernardne se souciait pas plus que Lemonnier des avantages malérielsattachésA la faveur royale.Son ambition s’élevait bien plus haut: il rêvait la coordination de tous les êtres du Règnevégétal. Linné avaitdit : «La Nature ne fait point de sauts ; toutes les plantes sont liéespar des affinités, comme les territoires se touchent sur une mappemonde ; les botanistesdoivent suer sans cesse pour parvenir A un ordre naturel. L’ordre naturel est le but finaldelà science; ce quirend défectueuse la méthode naturelle, c’est le défaut des plantes qu’onn'a pas encore trouvées; quand on les connatt ra toutes, l’ordre naturel sera achevé, car laNature ne fait point de sauts (Nattira non faeil satlus). » Linné avait lui-même ébauchéle tableau d'un ordre naturel, et il avait écrit au-dessous de la liste des genres qu’iln’avait pu classer : «Celui qui rangera ees genres d’un siège incertain A leur véritable