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encore plus considérables entre les tribus et les peuplades, et elles ont pu servir de baseù la classification du genre humain par souches et par groupes, classification sur laquellerepose le grand système des races que nous avons essayé d’esquisser. On a vu que cesprincipaux caractères différentiels étaient la couleur de la peau, la disposition des os dufront, le degré de saillie des os de la bouche et des dents. Mais telle est la multitude etla variété des caractères qu’on remarque dans chaque groupe, qu'il n’est pas possible detrouver exactement les limites des races, et elles se tiennent toutes de si près, que dansbien des endroits elles se confondent. Il n’y a pas de souche qui n’ait d’innombrablespoints de contact avec toutes les autres. Aussi, parmi les individus de la race japétique,combien ne voyons-nous pas de faces mongoles, hottentotes ou patagones ? Et parmi lesautres races, parmi les nègres, par exemple, combien de fois n’avons-nous pas remar-qué des têtes d’une régularité, d’une noblesse qui les eût fait prendre pour des têtes dela race japétique, si la couleur delà peau n’avait décelé leur origine africaine?
Les Turcs et les Cosaques sont des peuples d’origine toute récente ; ils se sont forméspour ainsi dire sous nos yeux : tout le monde sait qu'ils proviennent de la même souche,qu’ils appartiennent tous les deux à la famille tarlare, et pourtant quelle différenceentre les habitants des bords du Don et ceux des plages du Bosphore !
La question des espèces est loin d’être vidée, nous le savons; on écrira encore biendes volumes avant d’arriver à un résultat et de proclamer un principe qui prenne placedans la catégorie des vérités universellement connues et universellement admises.
Peut-être en sera-t-il de l'unité d’origine des races humaines comme de la réalité dudéluge; on a commencé par le nier hardiment; puis, un beau jour, les preuves de sonexistence se sont présentées en si grande quantité, qu’on a été obligé d’y croire et de leranger parmi les axiomes de la science géologique.
Quoi qu’il en soit, nous sommes heureux de voir que ce principe, sur lequel repose htgrande pensée delà fraternité des peuples, trouve partout des adhérents et desdéfenseurs. Nous nous félicitons de voir que la science daigne enfin consulter quelquefois cetinstinct révélateur, cette voix secrète et inspirée qui parle en nous, et qui nous apprendsouvent des vérités plus hautes et plus certaines que toutes celles que découvre, enfouillant des tombes, le scalpel curieux et patient de l’anatomie. Nous ne croyons pasque le rôle de la science doive se borner simplement à l’examen et à la discussion desfaits matériels ; sa mission est aussi de mettre ces faits et leurs résultats en rapport avecles besoins des temps, avec les lois du cœur et les vœux de la civilisation. Elle doit êtreun messager de paix et de conciliation ; elle doit s’attacher à propager parmi nous leslumières de l’esprit, et non pas à nous insuffler le feu de la guerre. .Son flambeau ne doitjamais devenir un brandon. Assez de germes de discorde et de haine existent entre leshommes; loin de chercher à les fomenter, employons tous nos soins A les détruire.