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CINQUIÈME PAIITIE.
Chaque forme modifiée pouvant à son tour servir de point de départ à une modificationnouvelle, il est clair qu'il doit en résulter des formes très-nombreuses, et de plus en pluscompliquées. C’est par cette raison qu’on les compte aujourd'hui par milliers. Leur éludene parait pas devoir être très-facile ; mais il existe à cet égard des faits généraux «[tripermettent de la simplifier considérablement.
Ces faits établissent d’une manière claire et positive, d'une part, que toutes ces formesse rapportent à six groupes bien caractérisés ; de l’autre, que, dans chaque groupe, tousles polyèdres qu’on y trouve peuvent se déduire rigoureusement d’une forme'unique.
lien résulte, qu'en réalité, l’étude de la cristallographie consiste à bien connaître sixgenres particuliers de formes, dont chacun peut avoir diverses espèces.
11 nous est impossible d'entrer dans des détails à ce sujet; nous craignons même d'a-voir déjà dépassé les limites que nous nous étions prescrites. Nous nous contenterons doncd'indiquer ici les six groupes, ou systèmes cristallins, dont nous venons de parler; ce sont :
I " Le système cubique ;
•2” Le système rhomboédrique ;
3> Le système prismatique carré ;
4° Le système prismatique rectangulaire, ou rhomboïdal, droit;
.V- Le système prismatique rectangulaire, on rhomboïdal, oblique;
(1° Enfin le système prismatique oblique, à base de parallélogramme ohliquangle.
— C’est bien, me direz-vous; — je conçois qu'on puisse ainsi, sans beaucoup de dif-ficulté, se rendre compte de tous les Cristaux connus, sous quelques formes qu'ils seprésentent. Mais sait-on aussi comment la nature procède pour les former ? quelles sontles conditions et les circonstances qui déterminent telle ou telle forme, qui influent surtelle ou telle variation ?
— On ne sait rien de positif là-dessus ; mais s’appuyant sur les faits qu'on a observésdans les ateliers chimiques, on fait à ce sujet des suppositions qui ne manquent pas fievraisemblance.
Ainsi, il y a des sels qu’on peut dissoudre et faire cristalliser à volonté. De ce nombreest l’alun, que tout le monde connaît. Qu’on en fasse dissoudre dans de l’eau bouillante,autant que le liquide en peut prendre ; qu’on lire la solution à clair dans un vase où l'ona suspendu quelques fils, et cette substance, en s’y attachant, ne tardera pas à formerdes Cristaux, d’autant plus gros, que la masse liquide est plus volumineuse.
Mais il y a des matières qui fondent plus facilement par la chaleur, qu'elles ne selaissent dissoudre dans un liquide quelconque ; alors, quand elles sont fondues, laissez-les refroidir lentement, et elles se cristalliseront dans l'intérieur de la masse; ce qu’onverra en brisant la croûte consolidée à la surface, et renversant ce qui y reste encorede matière liquide. Le soufre, par exemple, qui est d’une facile fusion, peut servir àcette expérience ; on en obtiendra des Cristaux d’autant plus nets (pie le volume de lamasse fondue sera plus considérable.
Il y a encore un troisième modèle pour produire des Cristaux : c’est celui par subli-mation. Plusieurs matières volatiles, comme, par exemple, l’arsenic, chauffées en vaseclos, se volatilisent, et se déposent en Cristaux à la partie supérieure de l’appareil.
Vous voyez par là que l’une de ces trois conditions que nous venons d’exposer est in-dispensable pour la formation des Cristaux. La matière cristallisable paraît, avant tout.