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[Première partie.]
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On fait en général aussi grand cas des belles Topazes, qu'on place au troisième rangaprès le Diamant, à cause de leur éclat vif, que du Saphir , qui, à part sa belle couleurbleue, présente encore ce phénomène particulier, qu’il montre, par réllexion devant unevive lumière, une étoile brillante à six rayons. Mais on n’a accordé, à coup sûr, à aucunepierre autant d'honneur qu’à VÈmeraude proprement dite. Les Romains l'estimaient aupoint qu'il était expressément défendu de rien graver dessus : on la réservait pour sou-lager la vue et délasser l’œil. Néron avait l'habitude de considérer le spectacle sanglantde l’arène à travers une Emeraude; Domitien s’en servait pour le même usage, ce qui afait qu'on l'a apppelée pierre de Domüien cl de Néron .

Quelques peuples de la vallée de Manta, au Pérou , ont encore fait mieux, à en croireplusieurs historiens espagnols; car ils adoraient une déesse Émeraude, qui était tout bon-nement. une Emeraude grosse comme un œuf d'autruche, et à laquelle on faisait des of-frandes d'Émeraudes,

De nos jours, cette pierre est encore au premier rang des Gemmes , et si elle le cède endureté et même en éclat aux Corindons , et surtout aux diamants, sa couleur pure et ve-loutée l’en dédommage; et quand son intérieur est exempt de défauts, déglacés ou detout autre accident, elle rivalise, à volume égal, avec les plus belles variétés de Saphir ,et surtout avec l’Émeraude orientale, dont la nuance est loin d’avoir l'éclat et la richessede celle qui caractérise l'Émeraude du Pérou .

Pour en finir avec les substances pierreuses dont on se sert en joaillerie, nous ne ferons(pie vous nommer encore les Grenats et les Turquoises. Vous saurez que les beaux exem-plaires des premiers, ceux rpii réunissent à un certain volume une couleur agréable etune transparence convenable, sont assez estimés dans le commerce. Les anciens ontbeaucoup gravé sur celte pierre, qu'ils nommaient quelquefois Escarboucle, et à laquelleils se plaisaient à attribuer des propriétés fabuleuses ; de nos jours, les teintes les plusestimées sont celles qui appartiennent aux Grenats py râpes et syriens des joailliers.

La forme primitive des Grenats est la même (pie celle des alvéoles des gâteaux d’a-beilles; la ligure de ces alvéoles, vous le savez sans doute, est celle qui renferme le plusgrand espace avec le moins de matière.

Parmi les Turquoises, vous aurez à distinguer deux sortes : les Turquoises pierreuses,qu'on appelle aussi orientales, de vielle roche, ou Calaïlcs. Elles passent par différentesnuances du bleu céleste clair au bleu foncé tirant un peu sur le vert; elles sont assezdures pour rayer le verre, et peuvent être appelées les véritables Turquoises.

Les autres, qu'on nomme Odonloiitlies, sont des dents fossiles colorées en bleu par duphosphate de fer; elles proviennent des molaires d’un animal voisin des Paresseux, duCerf , d’animaux carnassiers, et sont beaucoup moins dures (pie les Calaïlcs. Elles sontsolubles dans les acides, et perdent leur couleur, même dans le vinaigre distillé, ce (piielles sont beaucoup moins estimées que les Turquoises précieuses, (pii résistent àces épreuves. Chez les anciens, elles servaient, les unes et les autres, à taire des amulettes.

Au nombre des substances qui jouent dans la nature un grand rôle par leur abon-