lutions éprouvées par le globe. Mais quelle a pu être la cause (le ces révolutions ? Voilàune question plus essentielle et en même temps plus difficile.
Dirons-nous (pie c’est la mer qui est venue balayer ces êtres de la surface du globe?L’explication n'en est plus suffisante dès qu’elle s’est montrée en désaccord avec quelquesfaits observés. Nous aimons mieux, et c’est ce que la science a de pins avancé à ce sujet,envisager chacune de ces générations d’êtres qui tour à tour ont égné sur la terre avantl’homme, comme le produit d’une température donnée ; car une variation marquéedans la température moyenne ou même dans la répartition de la chaleur entre les di-verses saisons, la température moyenne restant la même, révolutionne les conditionsprimordiales de la vie. Si la température moyenne du globe montait ou baissait de dixdegrés, par exemple, ou même de cinq, par cela seul tout serait bouleversé dans la situa-tion de l'atmosphère, dans la fréquence et l’intensité des orages, dans le caractère de lavégétation. Doublez celte variation, et l’homme lui-même aura disparu.
Nous pouvons, en réalité, admettre comme indubitable (pie la température du globea baissé graduellement à mesure qu’il s'est avancé vers l'époque actuelle : des phéno-mènes nombreux nous l’indiquent d’une manière sûre. Sous l'influence de la déperditionsuccessive de chaleur (pie subissait la terre, le règne animal et le règne végétal se renou-velèrent donc bien des fois sur chaque point du globe et sur l'ensemble de la planète, etse perfectionnèrent sans cesse. C’est ainsi que l'homme est arrivé comme le résultat demille essais, comme le dernier mot et la plus parfaite création de la Providence.
En même temps que, par l’effet des pertes de chaleur qu’éprouvait la planète, onvoyait des êtres organisés, animaux ou végétaux, de plus en plus parfaits, se remplacerles uns les autres, la même cause produisait une autre révolution féconde pour le genrehumain. La croûte terrestre, contractée par le refroidissement, se resserrait sur elle-même, pressant les liquides enllammés que la planète reeélait dans ses lianes; ceux-cialors se faisaient jour. De là, à la surface, des épanchements immenses ; les chaînes demontagnes se dessinaient comme des bourrelets; la superficie du globe prenait la formeélégante et variée (pie nous lui voyons de nos jours; le chaos cessait, les continents sesé[iaraient des mers, les vallées se creusaient à la faveur de la course rapide que pre-naient les eaux pluviales du haut des montagnes nouvellement formées. Et la nature,lionne mère, avait soin, au milieu des jets qu'elle lançait ainsi de l’intérieur vers le de-hors, d'en composer quelques-uns de substances métalliques. De là les précieux liionsd'où les hommes ont tiré tant de trésors qu'ils n’ont pu jusqu'aujourd'hui qu’eflleurer.
Quelque considérables (pie soient, au reste, ces protubérances qui se montrent à lasurface de notre globe, et que l’on appelle montagnes, elles sont peu de chose si on lescompare à la dimension de la planète. Sur une sphère dont le diamètre serait, parexemple, de deux mètres, elles n’anraient qu’un millimètre de hauteur. Ou si l’on ré-duisait notre terre au volume d’une orange, les rugosités dont l'écorce de ce fruit estcouverte seraient de beaucoup plus grandes et surtout plus nombreuses, si on les com-parait aux inégalités qui se trouvent à la surface du globe.