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La seconde classe des Zoophvtes comprend les Polypes, que les natu-ralisles divisent en vingt-six genres, présentant un total de plus de deuxmille espèces.
Vous n’avez sans doute jamais vu de Polypes, et vous êtes curieux desavoir comment ils sont organisés. Représentez-vous un petit corps cylin-drique de matière gélatineuse et transparente, n’offrant d’ouverture qu’àune de ses extrémités, et ayant autour de cette ouverture une couronne detentacules, au moyen desquels il attire l’eau et les molécules végétalesdont il fait sa nourriture; représentez-vous l'autre extrémité de ce petitcorps attachée à une pierre, à une feuille, ou comme enracinée dansune de ces productions marines, connues sous le nom de Madrépores , deCoraux , etc., et vous aurez l’idée d'un Polype.
Ces animaux se reproduisent de trois manières différentes : ou parscission, ou par bourgeons, comme les végétaux, ou par des œufs. Les unshabitent la mer, les autres les eaux douces et stagnantes. Quelques espècessont revêtues d’une robe dont le bord inférieur est d’une substance ana-logue à celle des coquilles ; ce bord forme une sorte de cellule ou de gainedure et solide, et se nomme Polypier.
Les espèces qui en sont pourvues vivent en société comme les abeilles;et leurs cellules réunies forment de grandes ruches qu’on appelle poly-piers agrégés. Quoique chacune des parties constituantes soit d’une petitesseextrême, les Polypiers acquièrent avec le temps des dimensions gigan-tesques.
Chaque génération de Polypes construit des amas de cellules qui, aprèsavoir été leur maison et leur tombeau, servent de base aux constructionsde la génération suivante. Ce travail de superposition continue pendantdes siècles ; aussi audacieux qu’infatigables, ces vermisseaux architectesélèvent au fond de l’Océan de nouvelles tours de Babel qui ont le sort dela première; quand leurs murs atteignent le niveau de la mer, les Polypes,qui ne peuvent vivre hors de l’eau, sont obligés de les abandonner et deles laisser inachevés. Alors le sommet de ces merveilleuses demeures,exposé à l’action de l’atmosphère, devient le théâtre d’un autre ordre dephénomènes. Du limon, du sable et des débris de tout genre s’y agglomèrent;les flots ou les vents y déposent des graines; ces graines produisent de l’herbe,des plantes, des arbres; la plus riche végétation s’y développe, et le mau-solée colossal des Polypes se change en jardins suspendus comme ceux deSémiramis. Un jour, en allant à la pêche, une tribu sauvage les aperçoit.