380
CINQUIÈME PA II TU-;.
il est des Coquilles auxquelles on attache autant de prix qu’à des gemmes. Les piia-cianelles ontélé payées jusqu’à 1000 francs; le cûnk gloire de mer est es-timé les deux tiers de celle somme; une coquille de la porcelaine aurore, l’es-pèce la plus brillante de ce genre, vaut jusqu’à 500 francs. Les Porcelaines sont très-recherchées dans les arts; on les emploie à faire des colliers, des bracelets ou des gar-nitures de harnais. Leur coquille, bombée au milieu et rétrécie aux deux bouts, a uneouverture très-étroite ridée transversalement des deux côtés; sa forme change aux di-verses époques de son accroissement; dans le premier âge la spire est mince, saillant»'et la surface extérieure uniformément colorée ; plus lard, la Coquille se ronfle, et l’ou-verture se rétrécit; en même temps l’animal étend son manteau au dehors, et déposepeu à peu sur son lest une couche calcaire enrichie de nouvelles couleurs et de nou-veaux dessins; lorsque l’animal rentre dans l’intérieur, la se montre alors
brillante et polie comme la Porcelaine dont elle porte le nom.
Le gla Lct's porte ses branchies sur les deux côtés du dos : chacun de ces organesest composé de plusieurs longues lanières ouvertes en éventail.
L'argonaute est une espèce de Poulpe pourvu de coquille; son corps est un sacou une bourse ovale, un peu resserrée du côté de son ouverture, puis s’élargissant enun entonnoir membraneux découpé en huit longs tentacules fixés autour de la bouche.Ces appendices sont à la fois des organes de locomotion et de préhension; leur surfaceinterne est garriie dans toute son étendue de suçoirs on de ventouses, à l'aide desquelsl’animal s’attache avec tant de force aux objets qu’il enlace, que des animaux beaucoupplus grands ét plus forts que lui deviennent souvent sa proie.
L’Argonaute se sert de sa coquille comme d’un bateau pour voguer sur la surfacede l’onde quand la mer est calme ; alors six de ses tentacules sont reployés en bas etagissent comme des rames; les deux autres, qui se dilatent à leur extrémité en une largemembrane, se relèvent et s’étendent comme des voiles.
La sfecit e ressemble par sa forme au Poulpe et à l’Argonaute; mais elle s’en dis-tingue par un os intérieur et par un organe sécréteur qui produit en abondance uneliqueur noirâtre à laquelle on a donné le nom d’encre ; lorsque l’animal est en danger,il la lance au dehors en quantité assez grande pour teindre l’eau qui l’entoure et secacher ainsi à la vue de ses ennemis.
L’os de la Sèche est une espèce de coquille que l’on emploie pour polir le bois, clqui sert, sous le nom de corail blanc, à la composition des poudres avec lesquelles onblanchit les dents. Cet os est parfaitement libre dans l’épaisseur du manteau ; il nelient à aucun muscle, à aucun vaisseau; cependant, ses fonctions sont à peu près cellesde l’épine dorsale chez les animaux vertébrés; il sert d’axe à l’ensemble de l’orga-nisation.
La Sèche est très-commune dans la Méditerranée ; elle forme un des principaux ali-ments des habitants des côtes. Quand on la retire de l’eau elle meurt presqu’à l’in-stant en faisant entendre un cri qui imite le grognement du Cochon. Quand l’encre estfraîche elle tache le linge d’une manière ineffaçable.
Les spirules sont faites à peu près comme les Sèches; seulement, à l’arrière ducorps elles portent une coquille tournée en spirale et connue vulgairement sons le nomde Cornet de Postillon.